La cour d’assises de Moroni a déclaré, le mardi 17 février dernier, Rafiou Issa et Antoisi Ahamada coupables de l’assassinat de Youssouf Ali, un jeune originaire de Ndrouani, retrouvé mort sous un arbre à pain dans la nuit du 8 juin 2025. Les deux accusés ont pris la fuite vers Mayotte, tandis que d’autres membres du groupe impliqué ont été condamnés à des peines de prison. Le crime serait lié à un conflit ancien entre jeunes de Ndrouani et de Moindzaza.
La cour d’assises de Moroni a rendu son verdict mardi dans l’affaire qui a choqué la ville de Ndrouani. Rafiou Issa et Antoisi Ahamada ont été reconnus coupables d’assassinat et condamnés à la peine de mort. Le drame remonte à la nuit du 8 juin 2025, lorsque Youssouf Ali a été retrouvé agonisant sous un arbre à pain, à quelques mètres de son domicile. Sur les lieux du crime, les enquêteurs ont découvert un t-shirt blanc sans manches couvert de sang, une casquette verte, un pneu et un couteau. La présidente de la cour, Ali Thanay Tasmine, a conduit l’audience dans le calme et le respect des procédures. Parmi les vingt accusés, dix comparaissaient libres et ont tous été acquittés. Les huit autres étaient en détention depuis juin 2025 et poursuivis pour association de malfaiteurs, à l’exception de Rafiou et Antoisi, poursuivis pour assassinat, et de Moulhad Djanafar, poursuivi pour complicité d’assassinat et association de malfaiteurs.
La cour d’assises a prononcé des peines sévères pour les différents accusés. Rafiou Issa et Antoisi Ahamada ont été reconnus coupables d’assassinat et condamnés à la peine de mort. Moulhad Djanafar et Rafayel Sabena ont été déclarés coupables d’association de malfaiteurs et condamnés à sept ans de prison ferme, tandis que Nadjidou Ali a écopé de deux ans de prison. D’autres accusés, dont Nassuf Ali, Bacari Ali, Nasser Ali, Maoulida Saïd et Anfane Moultard, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs et condamnés à quatre ans de prison ferme. Les dix autres accusés ont été acquittés. La présidente de la cour d’assises a également ordonné le versement de trente millions de francs comoriens pour dommages et intérêts et trois millions pour obligation de plaider.
Le procureur général a souligné la gravité de l’affaire et précisé que les principaux coupables s’étaient réfugiés à Mayotte, exigeant l’émission d’un mandat d’arrêt à leur encontre. Les accusés ont admis faire partie d’un groupe WhatsApp intitulé « wudzima wa Moindzaza », utilisé pour organiser des réunions visant à se venger d’un jeune de Ndrouani, à la suite d’un conflit ancien. Des messages en langue maternelle, considérés comme preuves, ont été lus devant la cour et démontraient la préméditation du crime. Selon le témoignage de Bacari Hamadi M’Lazindrou : « Le cœur du défunt a cessé de battre sur la route de M’dé, à Mdoi M’bé, dans le véhicule vers El-Maarouf. Le défunt a reçu deux coups très violents : un sur la tête, causant la perte de ses dents et la déchirure du profil droit du visage, et un second avec un fer près du thorax. »
Les avocats de la partie civile, Me Soilahouddine Soule et Me Saïd Issa Mdahouma, ont insisté sur la « gravité criminelle » et la préméditation du meurtre. « Toute personne qui pense que 80 millions est une somme importante et pourrait nous ramener la vie de Youssouf Ali, ils se trompent », ont-ils déclaré. Le procureur général a dénoncé la « sauvagerie criminelle » et la gravité des blessures, rappelant : « Youssouf Ali est mort et enterré ; le parquet n’a pas de client ». Il avait requis la peine de mort pour Rafiou, Antoisi et Moulhad Djanafar, et 15 ans de prison ferme pour les autres accusés.
Les avocats de la défense ont souligné l’absence de participation de leurs clients aux réunions et dans le groupe WhatsApp. Me Mze Soilihi Kaambi, défenseur d’Omar Djoumoi, a mis en avant la personnalité de son client et son absence de lien avec l’affaire. Les avocats de Moulhad Djanafar ont demandé une descente sur les lieux du crime pour constater la distance entre le lieu de l’agression et l’endroit où se trouvait leur client, demande qui a été rejetée. Des larmes ont suivi la lecture du verdict, témoignant de l’émotion suscitée par cette affaire tragique dans la ville de Ndrouani.
El-Aniou Fatima
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