La cour d’assises de Moroni a ouvert ses audiences ce lundi 24 juin, lançant une session très attendue, consacrée à l’examen de 21 dossiers, dont plusieurs affaires de crimes graves et sensibles. Parmi les condamnations marquantes de cette première journée : le célèbre Achagacha, actuellement en fuite, a été condamné à 15 ans de prison ferme, tandis que Mohamed Moussa Moudjahidi, ancien cadre de la Banque de Développement des Comores (BDC), a écopé de 7 ans ferme.
Au moins cinq dossiers ont été jugés lors de cette première journée. Parmi les plus retentissants, l’affaire Mohamed Moussa Moudjahidi, ancien directeur adjoint de la Banque de Développement des Comores (BDC), poursuivi pour agression sexuelle sur une mineure de 15 ans dont il était le tuteur scolaire. Après une tentative de fuite, il a finalement été arrêté, notamment grâce à la vigilance des autorités lors de son hospitalisation, qui avait éveillé les soupçons. La cour a finalement condamné Moudjahidi à 7 ans de prison ferme.
Cette affaire, qui avait suscité une vive émotion, remonte au 17 avril 2024, date à laquelle la victime a déposé plainte. Selon la Cellule d’écoute de Ngazidja, qui avait accueilli la jeune fille avant même la plainte officielle, l’agression s’est produite dans le bureau de M. Moudjahidi, alors suspendu de ses fonctions. « Un jour, l’élève ne se sentait pas bien. Son tuteur est allé la chercher à l’école pour lui acheter des médicaments. Il l’a ensuite conduite dans son bureau à la BDC, a fermé la porte… et est passé à l’acte », rapporte la Cellule.
L’accusé aurait ensuite menacé la jeune fille et sa mère de représailles si elles parlaient. Malgré les pressions, toutes deux ont eu le courage de briser le silence. Le parquet avait requis la peine maximale, soit 20 ans de réclusion. Autre condamnation notable : Mohamed Soidik, alias Achagacha, reconnu coupable d’agression sexuelle sur une fillette de 11 ans, a été condamné à 15 ans de prison ferme. Toutefois, il a pris la fuite et pourrait ne jamais purger sa peine.
Dans un autre dossier, Daniel Chabani a écopé de 5 ans de prison ferme pour agression sexuelle, tandis que Djamil Ali Saandi a été reconnu coupable d’homicide volontaire et condamné, lui aussi, à 15 ans de réclusion. Les audiences se poursuivront jusqu’au 28 juin, avant une seconde session prévue en juillet. Cette première session se distingue par la forte prévalence des affaires d’agressions sexuelles, mais aussi par l’examen de trois dossiers d’homicide involontaire.
Parmi les affaires à venir figure celle du meurtre de Hikima Ahamada, dans le cadre du dossier dit « Mikiro », ainsi que celle d’une agression à l’arme blanche, survenue en novembre 2024, visant un employé d’une agence de transfert d’argent RIA située près du marché de Volo-volo. Dans ce dernier dossier, deux ressortissants malgaches sont mis en cause. L’affaire est actuellement mise en état par le parquet.
Andjouza Abouheir
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