Plus d’un mois que les coupures de courant s’intensifient dans la capitale et ses environs. La Société Nationale d’Electricité des Comores est restée muette. Jusqu’aujourd’hui, les comoriens ne connaissent pas les vraies raisons de ces coupures quotidiennes. Mercredi dernier, ils ont lancé une campane de coupure d’électricité malgré une note du ministre tutelle interdisant les coupures d’eau et d’électricité.
De l’eau et de l’électricité, ce sont les deux produits dont les Comoriens ont vraiment besoin en cette période de sensibilisation contre le nouveau coronavirus. Pour ce qui est de l’électricité, la Société Nationale d’Electricité intensifie les coupures ces derniers temps à Moroni et ses environs. Dans les périphéries, on a l’électricité à partir de 17h jusqu’au petit matin et des fois rien. En cette période sensible de lutte contre le COVID-19, le ministre en charge de l’énergie avait ordonné aux deux sociétés SONELEC et SONEDE de ne pas couper l’eau et l’électricité.
Si l’une a respecté la note ministérielle, l’autre fait cavalier seul. Depuis mercredi, la SONELEC a lancé une campagne de coupure d’électricité dans les différentes régions. « Aucun client ne doit subir une coupure de son électricité en cette période parce qu’il n’a pas payé sa facture. Toutefois, ceux qui peuvent payer, doivent le faire », avait déclaré le ministre en charge de l’énergie, Houmed Msaidie. Dans les villes et villages, les clients ne comprennent plus la SONELEC. « A quoi bon sortir une note si elle ne sera pas respectée, lance Fatima Ahamada. Encore une fois, un directeur outrepasse une décision de son ministre tutelle ».
Pour l’eau, la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution de l’Eau s’en tient à la note du ministre mais n’arrive pas à alimenter certains quartiers de la capitale. « Comment la population peut s'informer et se laver les mains plusieurs fois si des coupures persistent », s’interroge Said Jaffar. Et d’ajouter que « l'eau de robinet ne coule pas convenablement. Comment peut-on faire face à cette épidémie en pareille situation ». Chahalane Mohamed, un résident du quartier château montre que cela fait trois jours qu’ils n’ont pas vu ce liquide précieux. « Comment on va se laver les mains régulièrement si on n’a pas d’eau », s’interroge-t-il.
En cette période de sensibilisation, la SONEDE a pris des mesures exceptionnelles en approvisionnant certains quartiers par camion citerne. « A partir de ce jeudi, des camions citernes vont entrer dans les quartiers pour fournir de l’eau et faciliter l’hygiène dans les ménages », annonce Moustakim Combo, le chargé de communication de SONEDE. La population appelle les deux sociétés à redoubler d’efforts en cette période « sensible ».
Nassuf Ben Amad
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