La Gazette

des Comores

Coup de gueule / Pour que la torture n’ait plus cours en Union des Comores

Coup de gueule / Pour que la torture n’ait plus cours en Union des Comores © : HZK-LGDC

« Et si par malheur, « un puissant » d’aujourd’hui se retrouvait demain sur les bancs des accusés, nous serons nombreux à clamer qu’il est en droit, d’avoir un procès équitable, un traitement dénué d’abus, de tortures, de violences psychologiques ».


Il faut sans doute être dans une république bananière pour que l’ordonnance de mise en liberté d’un prévenu soit révoquée parce qu’il aura dénoncé les tortures subies durant sa détention. C’est à l’évidence ce qu’il s’est passé pour Saleh Assoumani, membre du mouvement Hury, qui avait bénéficié d’une liberté provisoire le 28 août dernier après 5 mois de détention. Sa liberté (très relative) a pris fin le 01er octobre au soir. Ses déclarations, il les a tenues sur les réseaux sociaux, le 23 septembre dernier. Parlant des jours passés sans nourriture quand il était en détention, des coups portés à son endroit le jour de son arrestation, le 1er avril.

 

Une république bananière, disais-je. Des sources affirment même qu’il aurait de nouveau subi de la violence, ce soir-là, après avoir été arrêté alors qu’il sortait d’une salle de sport d’un hôtel de la capitale.

 

Une république bananière parce qu’après avoir subi ce qu’il dit avoir subi, on lui intime l’ordre de se taire en l’enfermant. Dans un autre pays, soucieux des droits de l’homme, une enquête aurait été ouverte, et si tortionnaires il y a, que ceux-ci soient traduits en justice. Le ministre des affaires étrangères a d’ailleurs annoncé il y a une dizaine de jours, que des investigations allaient avoir lieu parce que lui aussi trouve intolérable qu’un justiciable soit ainsi traité. Nous attendons les conclusions de cette enquête.

 

Parce qu’il faut savoir que notre combat pour le respect des droits de l’homme en terre comorienne n’a pas commencé hier et il ne prendra pas fin aujourd’hui. Il faut savoir que même le plus liberticide des ministres, celui qui s’en prend aux journalistes, qui pense que la pluralité de l’opinion est une insulte, demain s’il ne l’était plus, il se trouvera des gens pour lui tendre le micro, pour lui accorder un espace dans nos journaux afin qu’il s’exprime. Qu’il dise ce qu’il pense, opposant ou appartenant à la majorité présidentielle.

 

Et si par malheur, « un puissant » d’aujourd’hui se retrouvait demain sur les bancs des accusés, nous serons nombreux à clamer qu’il est en droit, d’avoir un procès équitable, un traitement dénué d’abus, de tortures, de violences psychologiques.

 

Parce que c’est cela, la République que nous appelons de nos vœux. Saleh Assoumani, dont on dit qu’il se trouve en cellule d’isolement après y avoir passé 55 jours lors de sa précédente détention dans l’effroyable maison d’arrêt de Moroni, a eu le courage de dénoncer ce qu’il a vécu, au risque de s’y retrouver de nouveau. Il ne l’a pas fait pour lui, mais pour nous. Pour que cessent les violences. Un présumé criminel, violeur, un pédophile a droit à une justice équitable. Nulle torture ne devrait lui être infligée, qu’on se le dise. Et comme beaucoup, nous attendons les conclusions de l’enquête promise par le ministre des affaires étrangères, Souef Mohamed El-Amine ; celle relative à Saleh Assoumani mais aussi celle de l’affaire dite de la main coupée, dont des prévenus avaient déclaré, en décembre dernier devant le président de la Cour de sûreté de l’Etat, avoir enduré les pires sévices en détention.

 

Fsy

 


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