Le gouvernement comorien est dans l’incapacité de mobiliser 29 millions de nos francs pour soutenir les jeunes comoriens à organiser la 12ème conférence des jeunes (COY12) dans le cadre du COP22.
Incroyable mais vrai ! Le ministère de l’environnement vient d’annoncer la couleur : le gouvernement comorien n’accompagnera pas financièrement l’organisation de la conférence régionale de l’Océan indien qui sera organisée à Moroni du 28 au 30 octobre, soit une semaine avant la tenue de la 22ème session de la conférence des parties de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP22) qui se tiendra à Marrakech du 7 au 18 novembre.
Les conférences régionales sont organisées cette année dans 24 pays, dont les Comores malgré l’indifférence « éhontée et cynique » du gouvernement comorien. « Nous leur avons dit que nous les accompagnerons partout où ils peuvent obtenir de l’aide, mais actuellement le gouvernement n’est pas en mesure de financer quoi que ce soit », nous a répondu le directeur général de l’environnement, Elamine Youssouf, contacté par La Gazette, hier mercredi.
Cette 12ème édition de la conférence des jeunes nécessite environs 29 millions de nos francs pour son organisation selon Fawwaz Iliassa, secrétaire général du réseau climat Océan indien (RCOI-Comores), mais également responsable logistique de la COY12. La conférence aura lieu même dans la plus extrême disette, assurent dignement les jeunes organisateurs qui accueilleront des participants étrangers.
Rappelons que l’ouverture est fixée au 28 octobre au Palais du peuple où les activités se dérouleront jusqu’au 29. Le 30 octobre, la conférence sera transférée à l’université des Comores. Les associations Ngo’shawo, Lamha, Banda Bitsi, SYAH-Comores, Jeunes leaders pour la paix, pour ne citer qu’elles, sont ensemble pour relever ce défi. Comores Telecom, PNUD, ambassade de France, Netiss, l’épouse du gouverneur de Ngazidja… ont montré leur disponibilité à les accompagner. Le gouvernement, lui, est tout simplement « incapable ».
« Je ne sais pas comment ils veulent que nous les accompagnions. Ils nous ont demandé des membres pour renforcer leur commission, nous l’avons fait. Ils nous ont demandé de les accompagner techniquement, nous l’avons fait », tente de se défendre le directeur général de l’environnement qui devait pourtant prendre son bâton de pèlerin, se placer derrière ces jeunes, défendre cette noble cause de l’environnement. Si l’année dernière plus de 70 personnes ont fait le déplacement Moroni-Paris pour la COP21, reste maintenant à savoir combien vont faire partie du décor à Marrakech le mois prochain.
Toufé Maecha
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