Prévue de longue date, la conférence de presse entre le ministre russe des affaires étrangères et la presse arabe a eu lieu lundi dernier dans un salon de cet imposant bâtiment de Moscou. Pendant près d’une heure l’inoxydable Lavrov a répondu aux questions de la presse arabe. Le chef de la diplomatie russe a salué dans son propos liminaire l’accord entre Israël et le Hamas sur Gaza, qui a permis la libération des otages et la fin des hostilités qui ont fait souffrir tant de familles des deux bords.
Initiée dans le cadre de la tournée de la presse arabe en Russie, en prélude au premier sommet entre les États de la ligue Arabe et la Fédération de Russie, la conférence de presse du chef de la diplomatie russe a été maintenue malgré l’annulation du sommet. Une sorte de realpolitik de la part de Moscou, qui a voulu démontrer que malgré le court-circuitage de Washington par son sommet de Charm-El Cheikh sur Gaza, la rencontre avec la presse était plus qu’importante. Le timing du déplacement de Trump en Égypte démontre à quel point, le sommet, Russie-Arabe pouvait déranger les chancelleries occidentales.
En diplomate aguerri, Sergueï Lavrov a tenu à saluer le plan de Trump de sortie de crise, car à son avis, il reste le seul actuellement sur la table malgré ses nombreuses imperfections. « Le président américain a présenté son plan, que nous avons plus d’une fois évalué comme le meilleur de ceux qui sont aujourd’hui sur la table des négociations. Bien que le problème palestinien ne s’en trouve évidemment pas entièrement résolu, il est néanmoins nécessaire d’arrêter au plus tôt l’effusion de sang et de résoudre les problèmes humanitaires les plus graves ».
Sur l’annulation du sommet de Moscou avec les États arabes, le chef de la diplomatie russe a assuré que ce n’est que partie remise et qu’il se tiendra dès que les conditions le permettront afin que chacune des parties se prépare au mieux. Si le temps imparti n’a pas permis d’aborder tous les sujets, notamment les relations bilatérales entre Moscou et les différents pays de la ligue, il est clair que Moscou traitera avec la plus grande attention possible tous les paramètres qui le lie avec chacun des pays de la ligue. Pour la partie comorienne, ce sommet serait l’occasion de clarifier et de finaliser un certain nombre de dossiers, notamment la question liée à l’ouverture prochaine d’une ambassade de Russie à Moroni. Cette ouverture va permettre de fluidifier les relations bilatérales, surtout qu’elle coïnciderait avec le cinquantième anniversaire de l’établissement des relations entre Moscou et Moroni, tout un symbole.
L’implantation d’une mission diplomatique à Moroni serait l’occasion de relancer des nombreux dossiers d’intérêt commun. Très en avance sur les questions énergétiques, la Russie pourrait aider les Comores à sortir du problème sempiternel des coupures d’électricité en lui proposant des nouvelles sources d’énergie moins onéreuse, mais plus efficaces pour la relance de l’économie et la préservation de l’environnement. Le traitement des plastiques qui envahissent les eaux marines comoriennes en source d’énergie pourrait être un début de piste.
Sur le plan culturel, l’ouverture éventuelle de cette ambassade peut avoir comme conséquence positif, la facilitation des dépôts de dossiers pour les étudiants désireux de poursuivre leurs études en Russie notamment dans les domaines de la science, et des nouvelles technologies. Longtemps bastions des étudiants comoriens, Moscou à peu perdu son attrait. Actuellement le quota d’une vingtaine de bourses octroyées chaque année, pourrait augmenter et se diversifier sur plusieurs branches de l’enseignement supérieur.
Sur la question de Mayotte, cette nouvelle étape des relations diplomatiques entre les deux pays serait un atout majeur pour les Comores pour accentuer la pression sur Paris. En effet, et contrairement à d’autres puissances, Moscou n’a jamais remis en cause l’appartenance de Mayotte à l’ensemble comorien, ayant toujours considéré que les nombreuses résolutions onusiennes, notamment la résolution 36/65 de 1982, qui réaffirme la souveraineté des Comores sur Mayotte était la base de départ et légale à toute négociation.
Imtiyaz
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