Au cœur de la zone verte de la 3e Conférence des Nations Unies sur l’océan (UNOC3), nous avons rencontré Ahmed Youssouf, représentant comorien de l’ONG SWIOTUNA, lors de l’événement parallèle organisé par le Forum thonier du Sud-Ouest de l’océan Indien. Aux côtés des autres membres de l’association, il a pris part à plusieurs événements parallèles, notamment à La Baleine, Zone verte, pour défendre la cause des pêcheurs artisanaux dans la région du Sud-Ouest de l’océan Indien (SOOI).
« La pêche artisanale est le cœur battant des communautés côtières de notre région, mais elle est encore trop souvent ignorée dans les décisions politiques », explique Ahmed Youssouf. « Notre objectif est de faire entendre leur voix et d’assurer une gestion durable et juste des ressources marines. » Créé en 2011 et enregistré officiellement en 2019 au Kenya, SWIOTUNA regroupe 40 organisations membres issues de sept pays : Kenya, Tanzanie, Mozambique, Madagascar, Comores, Seychelles et île Maurice. Cette plateforme réunit pêcheurs artisanaux, organisations communautaires, ONG et acteurs privés autour d’un même objectif : la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable n°14, dédié à la protection des océans.
« Nous ne sommes pas seulement des défenseurs de la pêche, mais aussi des acteurs du développement durable. Il s’agit de protéger les droits des pêcheurs tout en préservant notre océan », précise Ahmed Youssouf membre de l’équipe du projet RNAP (Aires protégées) soutenu par le PNUD Comores. À l’occasion de la conférence, SWIOTUNA a présenté un ensemble de recommandations basées sur une évaluation régionale conduite au Kenya, Madagascar, Mozambique et Tanzanie, portant sur l’application des Directives volontaires de la FAO pour la pêche artisanale durable. A en croire Ahmed Youssouf cite : « Il faut intégrer les droits fonciers des pêcheurs dans les politiques nationales, améliorer les infrastructures sur les sites de débarquement, et renforcer la gestion collaborative. La pêche artisanale doit être reconnue à sa juste valeur. » Il ajoute : « Soutenir la collecte de données fiables et lutter efficacement contre la pêche illicite sont indispensables pour préserver nos ressources. ». Et lui d’espérer que les gouvernements « traduiront ces recommandations en actions concrètes ».
Selon lui, cette inclusion des pêcheurs artisanaux pourrait transformer la vie des communautés côtières : « Cela permettra de créer des emplois, d’augmenter la production durable, de réduire la pêche illégale et, finalement, de lutter contre la pauvreté. » Lors de l’événement parallèle organisé par SWIOTUNA, intitulé « Sécuriser les droits socio-économiques des pêcheurs artisanaux », représentants gouvernementaux, acteurs de la société civile et partenaires internationaux ont partagé les conclusions du rapport régional. Ahmed Youssouf insiste : « la transparence et la co-construction des politiques sont essentielles. » Mais il faut aussi garantir aux pêcheurs « des espaces sûrs où ils peuvent s’exprimer librement et influencer les politiques, au-delà d’une simple présence symbolique. »
Andjouza Abouheir , depuis Nice
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC