La Gazette

des Comores

Conférence-débat au CNDRS / Quel Avenir pour les Cœlacanthes ? 

Conférence-débat au CNDRS / Quel Avenir pour les Cœlacanthes ?  © : HZK-LGDC

Bien sûr, il ne s’agit pas d’un débat sur notre équipe nationale de football. Mais d’une conférence tenue hier lundi au Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs) par une mission scientifique conduite par le Professeur de Paléontologie Gaël Clément, Directeur du Département Origines & Evolution du Muséum National d’Histoire Naturelle (Mnhn) de Paris (France).


Dans son allocution de bienvenue, le directeur du Cndrs, M. Toiwilou Hamadi a parlé du cœlacanthe comme faisant partie du vécu du comorien dans l’imaginaire collectif. « Nous sommes liés au cœlacanthe » a-t-il déclaré. M. Toiwilou n’a pas manqué de faire l’éloge du lieu où se tenait la conférence et a rappelé que le partenariat avec le Mnhn de Paris a démarré depuis mars 1983. Pour lui, il faut lier le concept du cœlacanthe en tant que vecteur développement et le CNDRS comme étant un vecteur d’échanges.

 

L’équipe a eu à effectuer la dissection d’un spécimen de cœlacanthe, pêché accidentellement dans les eaux de l’île d’Anjouan le 19 novembre dernier. Au cours de cette dissection anatomique opérée vendredi dernier au Laboratoire de l’Institut national pour la recherche agricole, la pêche et l’environnement (INRAPE), l’équipe a comptabilisé 18 bébés cœlacanthes développés, à un stade intermédiaire !

 

Dans sa présentation le professeur CLEMENT a fait une brève historique des recherches sur le cœlacanthe et a confirmé que les Comores abritent à l’heure qu’il est, la plus forte concentration de cœlacanthes même s’il faut toujours relativiser tout cela, dans la mesure l’on parle d’espèces très menacées. Le professeur a noté une sensibilisation forte au niveau international sur cette espèce mais a rappelé qu’il y a beaucoup de questions qui restent sans réponse dans la connaissance de l’espèce, comme la longévité, la migration, le brassage génétique, le régime alimentaire, la reproduction, la gestation, etc.…


Il faudra noter que cette étude initiée et pilotée par la Direction Nationale des Ressources Halieutiques (DNRH), s’effectue en partenariat avec le Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS), l’Institut National pour les Recherche Agricole, Pêche et Environnement (INRAPE) et le Muséum National d’Histoire  Naturelle (MNHN) de Paris.

 

Dans une intervention, Yahaya Ibrahim, chercheur au CNDRS a présenté aux participants les approches de conservation et le cadre de protection du Cœlacanthe aux Comores. En effet, le cadre réglementaire existe et ne demande qu’à être appliqué. Il a mis l’accent sur l’important travail qui a été mené au niveau des pêcheurs artisanaux dans la zone du parc cœlacanthe.

 

A ce jour beaucoup estiment que notre pays n’a pas su tirer réellement les bénéfices de la présence du cœlacanthe alors que des pays comme Madagascar, la Tanzanie et l’Afrique du Sud ont su tirer profit en termes d’écotourisme ou de recherche scientifique.

 

Si les scientifiques ont trouvé l’opportunité grâce à cette pêche accidentelle l’occasion de faire des recherches poussées sur l’espèce, il n’en demeure pas moins qu’il faut continuer à sensibiliser les pêcheurs à ne pas s’aventurer dans les zones susceptibles d’abriter ces espèces. C’était véritablement l’objectif de cette conférence.

 

Mmagaza

 

 


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