Dans le cadre de la 22ème Conférence des Parties sur les changements climatiques au Maroc (COP 22), La Gazette des Comores s’est entretenue avec M. Mohamed ALI MLAZAHAHE, Directeur National du Programme Alliance Mondiale Contre le Changement Climatique (AMCC-Comores /financé par l’Union Européenne) et membre de la délégation comorienne. Il nous livre ici ses impressions par rapport à la Contribution Prévue Déterminée au niveau National (CPDN) de notre pays.
La Gazette des Comores / HZK-Presse : Qu’est-ce que la Contribution Prévue Déterminée au niveau National (CPDN) dans le cadre des Changements Climatiques?
Mohamed Ali Mlazahahe (MAM) : La CPDN est un document cadre soumis par chaque pays au Secrétariat de la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques en 2015, à l’occasion de la COP21 sur le changement climatique tenue à Paris en décembre 2015.
Ainsi, dans ce rapport les Comores affirment leurs ambitions en termes de solidarité avec les 195 autres parties à la Convention climat, en faveur d’une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre. L’ambition affichée dans ce document est de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2030 de 84% environ par rapport aux émissions projetées pour la même année selon un scénario de référence. Dans cette optique le Programme AMCC-Comores travaille en collaboration avec les Institutions nationales qui sont en train d’élaborer la cartographie.
La CPDN s'est appuyée sur la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCA2D) ainsi que les différents programmes de Gestion des Changements Climatiques dont l’objectif global est de contribuer à la réduction de la pauvreté, au développement durable tout en apportant des solutions adéquates aux défis liés aux changements climatiques.
LGDC / HZK-Presse : Pensez-vous que les Comores se trouvent dans la bonne trajectoire pour un véritable développement économique respectueux de l’engagement politique manifesté dans la CPDN ?
MAM : Les Comores se donnent comme ambition de devenir un pays émergent d’ici 2030. Cela témoigne de l’existence d’une grande volonté politique de sortir le pays de la pauvreté pour le bien être de toute la population, condition indispensable pour la protection de l’environnement et l’adaptation des groupes les plus vulnérables aux effets des changements climatiques.
Cependant, bien que notre pays soit considéré comme à faible émission de gaz à effet de serre en raison de son niveau d’industrialisation encore embryonnaire, le pays est appelé à se développer pour une croissance économique forte créant de la richesse.
LGDC / HZK-Presse : Doit-ton considérer que la CPDN dans le cadre des changements climatiques comme un engagement contraignant au regard des obligations internationales?
MAM : La CPDN doit être considéré comme un outil d’engagement politique et juridiquement non contraignant. Dans ce contexte le développement des capacités à tous les niveaux, l’intégration du genre, le partenariat et la planification intégrée sont la clé de réussite pour la mise en œuvre de la CPDN des Comores. Un organe de mise en œuvre de la CPDN est plus qu’urgent et indispensable.
Le pays est également éligible dans de nombreux mécanismes de financement pour des projets de protection de l’environnement et de développement. Aussi, notre pays bénéficie du soutien financier de l’Union Européenne dans le cadre du Programme AMCC-Comores pour le renforcement de la résilience au changement climatique, le FEM, le PNUD et l’AFD appuient un certain nombre de projets dans l’Agriculture et l’Environnement. Il nous faut anticiper et voir le côté positif des changements climatiques tels que les innovations dans divers domaines porteurs et créateurs de richesse et d’emplois durables.
Mmagaza
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