Aux Comores, le Conseil du Fatwa du Mouftorat hausse le ton face à un phénomène jugé préoccupant : la fermeture de certaines mosquées et l’empêchement des fidèles d’y accéder pour résoudre des conflits communautaires. Dans un communiqué daté du 2 mars 2026, le Grand Mufti Cheikh Aboubacar Said Abdillah Djamalillail condamne fermement ces pratiques et appelle à l’unité, au respect des lieux de culte et aux valeurs fondamentales de l’islam.
En plein Ramadan, le Conseil du Fatwa du Mouftorat de l’Union des Comores a publié un communiqué pour condamner les atteintes portées aux mosquées dans certaines localités du pays. Le document, signé par le Grand Mufti Cheikh Aboubacar Said Abdillah Djamalillail, met en garde contre la fermeture des mosquées et l’empêchement des fidèles d’y accéder comme moyen de pression dans les conflits communautaires. Selon le Mouftorat, un phénomène jugé « répréhensible » apparaît dans certains villes et villages. Il consiste notamment à fermer des mosquées, à retirer les tapis ou encore à empêcher les fidèles d’y prier afin de contraindre les habitants à résoudre des différends communautaires. Face à ces pratiques, le Conseil du Fatwa se montre ferme. « Ces actes constituent un moyen illégal et un acte interdit en islam », lit-on dans le communiqué.
Ce dernier insiste également sur le respect des rites religieux et des lieux de culte. « Quiconque exalte les rites d’Allah, cela procède de la piété des cœurs », indique le communiqué en référence à la sourate Al-Hajj. Pour l’institution religieuse, préserver les mosquées et garantir l’accès des fidèles à la prière demeure une obligation morale et religieuse. Dans son message, le Mouftorat appelle toutes les composantes de la société à privilégier le dialogue et les moyens légitimes pour résoudre les différends communautaires. « Nous recommandons aux jeunes ainsi qu’aux aînés de déployer des efforts pour résoudre les conflits par des voies légitimes », poursuit le communiqué. Le texte lance également un appel à l’unité nationale. « Attachez-vous fermement au câble d’Allah et ne soyez pas divisés », rappelle le Conseil du Fatwa en citant un verset de la sourate Al-Imran.
Le Mouftorat interpelle les autorités de l’État, les responsables des villes et villages ainsi que les oulémas et prédicateurs afin qu’ils dénoncent et empêchent ces pratiques. « Les autorités et les savants doivent empêcher de tels comportements arbitraires contraires aux enseignements de l’islam », souligne le communiqué. À travers cette prise de position, l’institution religieuse entend préserver le caractère sacré des mosquées et promouvoir la cohésion sociale dans l’archipel.
Ibnou M. Abdou
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