La Gazette

des Comores

Conflit Maweni-Ntsorale : Le commissaire Mouigni Assoumani mortellement tabassé

Conflit Maweni-Ntsorale :  Le commissaire Mouigni Assoumani mortellement tabassé © : HZK-LGDC

Les conflits intra et inter-villageois n'en finissent plus décidément d'endeuiller le pays. A Ngazidja, c'est devenu une constance qu’en moins de cinq ans d’intervalle un conflit de cette ampleur vient noircir et bouleverser le destin des populations que tout lie. Et cette fois, c’est un conflit opposant Ntsorale et Maweni dans la région de Dimani au sud-est de Ngazidja, qui a causé l’assassinat du commissaire Mouigni Assoumani.


Tout est bon pour raviver les vieilles rancunes larvées sous des fausses apparences entretenues par les non dits. Le politiquement correct à fini par créer une société de mécontents perpétuels où la moindre braise se repend tel une traînée de poudre. Le décompte macabre continue de s'allonger sur les affaires qui opposent des villages voisins. Cette fois, la folie meurtrière a frappé du côté de la région de Dimani plus particulièrement la ville de Maweni. L'ancien commissaire  à l'environnement sous la mandature du gouverneur Mouigni Baraka, le bien nommé Mouigni Assoumani a été sévèrement tabassé par des jeunes incontrôlés de la localité voisine de Ntsorale. Les deux localités (Maweni-Ntsorale) en conflit depuis quelques jours, le commissaire selon nos informations aurait pris l'initiative avec quelques notables de Maweni de se rendre dans la capitale pour initier un début de médiation avec les autorités étatiques.


C'est dans la voiture qui devait les ramener dans la capitale que l'ex commissaire à été happé avec une autre personne de la délégation par une foule enragée pour ensuite être tabassé à coup d'armes blanches. Des témoins parlent de gourdins et marteau, un long calvaire essaye-t-on d'imaginer. Admis aux urgences, il a fini par succomber des suites de ses blessures.

 

Mouigni Assoumani avant de rentrer dans le monde de la politique, était avant tout un père de famille et un notable respecté de la région. Mouigni Assoumani est avant tout un éducateur. Instituteur de formation, le regretté à passé une bonne partie de sa vie à enseigner surtout dans sa région du Washili-Dimani avant de céder aux sirènes de la politique. Les morts ne reviennent jamais d'entre les vivants mais, leurs souvenirs par contre restent pour toujours soit pour hanter soit pour accompagner les vivants.

 

Au-delà de la question de savoir qui a jeté la pierre en premier, c'est la question de la responsabilité communale qu'il faudrait poser et cela en toute urgence. Ailleurs on dit que le diable se cache dans les détails, chez nous, on a tendance à croire qu'il se drape dans la banalité. Sinon comment expliquer "qu'une histoire banale" comme l'écrivait notre consœur Mariata Moussa d'Al-Watwan (9 août 2022), peut-on arriver à des pertes matérielles et même de vie humaine.


Dans son malheur, j'imagine bien le commissaire se poser la question fatidique, pourquoi tant de haine. Les gens sont-ils devenus des insomniaques. Le plus pénible dans cette histoire au-delà de la mort d'un homme, c'est le silence assourdissant d'une population qui n'a qu'une chose en tête s'affairer dans les Machuhuli, oubliant que la mort du roi annonce des jours difficiles. Mouigni Assoumani fut un roi éclairé à sa façon, qui a aidé tant de jeunes à sortir de l'ignorance.

 

AS Badraoui

 


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