Le bras de fer qui oppose Boueni et Vouvouni a abouti à un regrettable décès. A tort ou à raison, Vouvouni est accusé d'être à l'origine de la mort de Kalidas (paix à son âme). Touché dans son amour propre, il se défend juridiquement par deux avocats et religieusement, par une prière (hitma), le mardi 26 février dernier à la mosquée de vendredi, suivi d'un point de presse.
C'est un secret de Polichinelle. Boueni et Vouvouni sont des villages contigus et frères rivaux. Actuellement, un accrochage les oppose. Il a abouti au décès d'un certain Kalidas, originaire de Boueni. A tort ou à raison, Vouvouni se voit reprocher de ce drame, qui suscite encore la controverse. Les circonstances de la mort ne sont pas encore élucidées. Logiquement, en cas de découverte d'un cadavre, aux causes floues et/ou suspectes, un Officier de Police Judiciaire est saisi. Ce dernier en informe le Procureur de la République, qui se rend sur les lieux pour procéder à la 1ère constatation, et s'efforcer d'apprécier la nature des circonstances du décès. Cette procédure a été respectée.
Pour l'heure, deux thèses contradictoires alimentent encore les places publiques : mort, naturelle ou d'origine criminelle ? Convaincus d'être victimes d'une accusation sans fondement, les Vouvouniens font appel au service des maîtres Saïd Issa Mdahoma et Youssouf M'sa, deux avocats au barreau de Moroni, pour déterminer l'origine exacte du décès.
Lors du point de presse, maître Saïd Issa Mdahoma a avancé un langage apaisé : « Pour le moment, le procureur s’apprête à diligenter une 2e investigation, après de nouveaux examens et une échographie. On attend la suite ».
Les jeunes de Vouvouni, qui étaient détenus pour trouble à l'ordre public, sont remis en liberté. « Cinq, accusés de résistance à la force de l'ordre, restent sous contrôle judiciaire », explique maître Youssouf M'sa. A en croire les avocats, personne n'a été arrêté pour crime. Mais, pour rébellion ! C'est un signe de bon augure.
Vouvouni n'a pas écarté le recours aux actions célestes pour sa défense. Avant le point de presse, un hitima, lecture collective des versets du Saint Coran, a été effectué par des mazarifu de l'île (des descendants du Prophète), dans la mosquée de vendredi. « Ce hitima est destiné à prouver l’innocence de Vouvouni, à châtier les auteurs du crime, d'où qu'ils viennent, à concrétiser la réconciliation communautaire reconquise, et à renforcer la fraternité entre Boueni et Vouvouni » avait clarifié l'un des lecteurs. Avant de conclure, l'orateur a tenu à préciser qu'il est à Vouvouni, au titre d'un charifu (descendant du Prophète), mais non d'un notable. Une telle précision était-elle indispensable ?
Bm Gondet
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