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Conflit autour des mosquées : Le Dar Iftah plaide pour la cohésion nationale

Conflit autour des mosquées : Le Dar Iftah plaide pour la cohésion nationale © : HZK-LGDC

Les autorités religieuses ont appelé la notabilité à redoubler d’efforts en faveur de la paix. Une démarche qui vise à responsabiliser chaque acteur social face aux enjeux de stabilité nationale.


La mobilisation s’intensifie autour de la préservation de la paix et de la cohésion sociale. Jeudi dernier, à la faculté Imam Chafiou, le Dar Iftah (bureau du grand mufti) a réuni la notabilité, marquant ainsi une troisième phase dans son action. Cette rencontre, élargie à plusieurs oulémas, à l’Agence nationale du Hadj ainsi qu’à des représentants du ministère de l’Intérieur, s’inscrit dans une dynamique de concertation face à une situation jugée préoccupante. Au cœur des échanges : la prière du vendredi et l’apparition du croissant lunaire, deux éléments fondamentaux de la pratique religieuse, parfois à l’origine de tensions dans certaines localités. Le vice-mufti de la République, le docteur Abdoulhakim Mohamed Chakir, a tenu à rappeler le caractère sacré de ces questions. « Personne ne peut intervenir lorsque Dieu a déjà prescrit ses ordres », a-t-il déclaré. Dans son intervention, il a insisté sur le droit inaliénable de chaque fidèle à accomplir ses obligations religieuses sans entrave.

« Personne ne peut empêcher autrui d’aller à la mosquée pour accomplir son devoir divin, même en cas de conflit », a-t-il ajouté. Il a également dénoncé certaines pratiques consistant à exclure des fidèles ou à diviser les mosquées en raison de différends sociaux ou communautaires. Selon lui, « accomplir la prière à la mosquée est un droit pour tous, où et quand chacun le souhaite ». Le message est sans équivoque : il est impératif de dissocier les tensions politiques et sociales des pratiques religieuses. Une séparation jugée essentielle pour éviter que des conflits profanes ne viennent perturber l’unité spirituelle. « Chacun doit rester à sa place », a insisté le vice-mufti, appelant à une prise de conscience collective.

De son côté, le directeur de cabinet du Dar Iftah, Dr Saïd Abdallah, a souligné l’importance de cette rencontre avec la notabilité et les autorités administratives. « Il faut que chacun prenne ses responsabilités pour l’installation de la paix et de la stabilité », a-t-il affirmé. Selon lui, la notabilité joue un rôle clé dans la sensibilisation au niveau des villes et villages, tandis que le ministère de l’Intérieur doit veiller au maintien de l’ordre et au respect des décisions. Présent à cette rencontre, le notable Mohamed Ibrahim a salué l’initiative et assuré l’engagement des sages à relayer le message. « Nous prenons cette question très au sérieux et nous allons sensibiliser les populations », a-t-il déclaré. Il a également mis en garde contre les conséquences des conflits religieux, estimant que « tout peut être supporté, sauf une crise religieuse ».

À travers cette démarche inclusive, les autorités religieuses cherchent à désamorcer les tensions. Après avoir informé l’opinion publique et les médias, puis organisé une conférence de presse, l’implication de la notabilité apparaît comme une étape stratégique pour atteindre les communautés à la base. L’enjeu est de préserver l’unité nationale dans un contexte où des divisions religieuses pourraient fragiliser durablement le tissu social.

Ibnou M. Abdou

 


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