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des Comores

Conflit au Moyen-Orient : A Moroni, ruée vers les stations à essence

Conflit au Moyen-Orient :  A Moroni, ruée vers les stations à essence © : HZK-LGDC

Depuis plusieurs jours, les stations à essence de Ngazidja et de Ndzuwani sont prises d’assaut. Si les autorités se veulent rassurantes, leurs déclarations ne semblent pas suffire à dissiper les doutes d'une grande partie des usagers qui craignent une pénurie à cause du conflit au Moyen-Orient.


La situation au Moyen-Orient et ses conséquences sur les cours du pétrole ne laissent personne indiffèrent. Aux Comores, depuis le début de la semaine, l’affluence est forte devant les stations à essence. Pourtant, selon les déclarations officielles, aucune rupture d’approvisionnement n’est à signaler. Mais force est de constater que ces annoncent ne semblent pas suffire à dissiper les doutes d'une grande partie des usagers. Pour les personnes interrogées, cette ruée s’explique par le contexte géopolitique explosif au Moyen-Orient, où l’Iran est en conflit ouvert avec Israël et les États-Unis, faisant des pays du Golfe, grands producteurs de pétrole, la cible de missiles et d’attaques de drones de la part de l’Iran voisin.

 

Hier, vers 11h, une station située au sud de Moroni avait déjà baissé le rideau. Le stock était épuisé d’après nos informations. Celles restées ouvertes étaient bondées. Des longues files d’attente tant de véhicules que des jerrycans. Ces derniers sont principalement destinés au pétrole lampant, vital pour les ménages et les activités de pêche.

 

« Ils nous prennent pour des idiots. Ils affirment qu’il n’y a aucun risque de pénurie à l’horizon, comme si nous ignorions que les pays du Golfe sont les principaux producteurs de pétrole mondiaux », s’agace Hachim, un usager qui pointe du doigt l’« incohérence » du discours officiel. Désormais, il limite drastiquement ses déplacements. « Je ne démarre ma voiture que quand c’est vraiment nécessaire pour économiser mon carburant ». Il faut dire qu’il y a de quoi s’inquiéter, d’autant plus qu’Addax, le fournisseur de la SCH, s’approvisionne directement à Dubaï…

 

Si à Mohéli la situation semble plus calme, c’est avant tout parce que dans cette île qui vient de sortir d’une pénurie prolongée, les stations à essence ne vendent pas au-delà de 10 litres par voiture, et 5 litres par moto. « Ça ne sert à rien de courir quand ce n’est pour obtenir que quelques gouttes », observe un habitant. Pour rappel, la plus petite île du pays était plongée dans une pénurie de carburant du 18 février au 3 mars. À Anjouan, c’est depuis mardi que les queues à la pompe se sont formées, a constaté un journaliste de l’ORTC que nous avons joint au téléphone.  

 

Face à cette psychose, la Société Comorienne des Hydrocarbures (SCH), unique fournisseur du pays, tente tant bien que mal de rassurer en annonçant, hier, qu’en plus des réserves actuelles, un pétrolier est attendu « très prochainement ». Mais personne ne l’entend de cette oreille. Selon une source interne, la SCH a d’ailleurs commencé à rationner les stations pour prévenir une rupture précoce. « Pour une commande de 5000 litres, nous n’en livrons que 3000 ou 4000 ». Selon la même source, une cargaison comme celle attendue peut transporter entre 10 000 et 12 000 tonnes, et couvrir une période de 45 à 60 jours, du moins en temps normal.

 

Enfin, la crise vient avec un paradoxe. Alors que bus et taxi commencent à se raréfier, les quelques chauffeurs de transport en commun encore sur la route ne tirent pas parti de l’affluence. Au contraire.  « Je n’ai jamais connu une telle situation :  subir une pénurie de carburant et une rareté des passagers à la fois », s’étonne ce chauffeur de bus de la ligne Moroni-Mbadjini. Derrière lui, plusieurs autres bus sont vides, ou presque. Mais ce n’est qu’une question de temps. Une fois que les derniers litres d’essence dans les réservoirs privés seront consumés, ce sera au tour des gares routières d’être prises d’assaut par la foule. A ce moment-là, les chauffeurs ne plaindront plus de la rareté des passagers, mais plutôt de ne plus pouvoir tous les transporter.

 

Toufé Maecha

 

 


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