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des Comores

Concours national d’éloquence : 4 voix prêtes pour la finale

Concours national d’éloquence : 4 voix prêtes pour la finale © : HZK-LGDC

A l’occasion des demi-finales de la deuxième édition du Concours national d’éloquence, le 23 juillet dernier, Moroni a vibré au rythme des mots. Devant un parterre de personnalités dont, le ministre de l’Environnement et du Tourisme Abubakar Ben Mahamoud, l’écrivain Anzaouir Ben Alioiou ou encore le directeur de Kenya Airways Robert Carolus, quatre candidats ont défendu, chacun à leur manière, une vision du pays et de ses traditions. Entre héritage culturel et responsabilité citoyenne, les prestations ont dessiné les contours d’une jeunesse capable d’argumenter sans violence.


Sur le premier thème, « le grand mariage est-il un héritage à préserver ou un obstacle à dépasser ? », les positions se sont opposées avec force. Vêtu d’un habit traditionnel et incarnant la figure du notable, Saïd Ali Youssouf a plaidé pour la préservation de cette coutume. En version comorienne, il a rappelé que « chaque pays a ses traditions », défendant le grand mariage comme un socle identitaire à transmettre. À contre-courant, Samia Soilihi Boina a choisi d’en dénoncer les dérives, le présentant comme « un obstacle à dépasser ». Une prise de position assumée, qui a nourri le débat et illustré l’objectif même du concours, celui de confronter les idées. Sur le second thème, portant sur la gouvernance et la responsabilité dans la construction des Comores, Windati Assani a livré une réflexion engagée sur le rôle des dirigeants et des citoyens, tandis que Rahmata Ali a proposé une lecture complémentaire, appelant à une responsabilité partagée.

 

Pour les organisateurs, cette diversité de points de vue est au cœur du projet. « C’est une activité citoyenne, apolitique et à but non lucratif qui a comme objectif principal de donner la parole à la jeunesse, de promouvoir l’esprit critique et de montrer qu’on peut ne pas être d’accord sans recourir à la violence verbale », explique le co-organisateur Rachad Mohamed. Il précise que le public sera mis à contribution. « Les internautes vont voter à hauteur de 60%, tandis que le jury comptera pour 40%. » Amri Salim Houmadi rappelle, lui, les règles du jeu. « Les candidats n’ont pas choisi les thématiques ni leurs positions. Il faut du pour et du contre pour qu’un débat existe. » Au-delà de la compétition, les demi-finalistes retiennent surtout une aventure humaine. « Ce concours a été une véritable expérience pour moi j’ai appris à me dépasser et à m’auto-critiquer », a confié Windati Assani. Même sentiment chez Saïd Ali Youssouf : « C’est une fierté d’être en demi-finale, peu importe l’issue, je repars avec beaucoup de leçons. »

 

Après des quarts de finale largement suivis de plus de 547 000 vues en ligne et plus de 2 700 votants, la compétition entre dans sa phase décisive. Sur les 56 candidats initiaux, ils ne sont plus que quatre en lice. Deux d’entre eux décrocheront leur place pour la finale prévue le 8 août, avec à la clé 100 000 francs comoriens pour le vainqueur et le titre de « Meilleur orateur des Comores 2026 » et pour l’autre finaliste, il gagnera 50 000 Kmf. Portée par un comité d’organisation de quatre membres, cette initiative confirme son ancrage dans le paysage national. Plus qu’un concours, elle s’impose comme un espace d’expression où la parole devient un outil de construction citoyenne.

 

Mohamed Ali Nasra

 

 

 


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