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des Comores

Comores Telecom : Un manque à gagner de 30% avec le Gateway ?

Comores Telecom : Un manque à gagner de 30% avec le Gateway ? © : HZK-LGDC

Une source proche du dossier affirme que cet accord entraine une hausse des coûts des appels internationaux, et que la société choisie pour faire ce travail avec le régulateur (ANRTIC) n’est autre que Zeus, cette société qui a déjà déplumé Comores Telecom…


Le projet de sécurité et de contrôle pour la communication, « Gateway », est pour le moins un mystère. Depuis son annonce par Ahmed Ben Said Jaffar, ministre en charge des Télécommunications et Said Mouinou Ahamada, directeur général de l’Autorité nationale de la régulation des TIC (ANRTIC), et la réaction de l’Association comorienne des TIC (Actic), les opérateurs, eux, ont préféré donner leur langue au chat.

 

Selon une source bien informée, Asteria, le nom de la société mentionné dans les documents officiels dont nous nous sommes procuré copie, « n’est autre que la société Zeus ». « C’est la même société qui était venue en 2009 sous le nom de VocalPad », affirme notre source laissant entendre que « l’objectif de cette société engagée par l’Etat sans appel d’offre c’est de reprendre la transaction des communications internationales, faire des contrats avec les opérateurs du monde entier au détriment de Comores Télécom et Telco », nous concède notre interlocuteur selon qui Asteria ou Zeus (c’est selon), « va pouvoir collecter l’argent des redevances dans un compte offshore au Luxembourg qui est un paradis fiscal ».

 

Naturellement, le régulateur tient tout un autre discours. Lors d’un entretien avec la presse samedi dernier, Said Mouinou est revenu sur le choix de la société et selon lui, le choix porté sur Asteria ne s’est pas fait « unilatéralement ». « Le gouvernement avait le choix sur différentes sociétés internationales mais après consultation, le conseil a opté pour Asteria », explique-t-il. S’agit-il de Zeus ou non ? Sans surprise, le conférencier répond par la négative. « Non, ce n’est pas Zeus et Comores Télécom doit bien le savoir… Il s’agit d’une autre société qui n’est pas Zeus », insiste-t-il. 

 

Pour ce qui est de l’augmentation inexorable des coûts, « c’est le Comorien de la diaspora qui va payer les pots cassés ». « Il faut aussi savoir qu’avec ce système, le contrôle exclusif du volume tant prôné n’est pas vrai. Ils vont aussi faire des écoutes pour les appels internationaux des hommes d’affaires et autres quand ils le veulent », prévient notre source. Répondant à ce sujet, l’Anrtic assure : « Nous, on régule le contenant et non pas le contenu. Nous ne sommes pas censés savoir ce qu’un consommateur aurait dit ou pas dans ses appels. Et si cela devait arriver, il peut porter plainte car nous aurons fait autre chose qui ne relève pas de nos missions ».

 

Pour revenir à notre autre source, celle-ci précise : « Il faut savoir que les appels internationaux représentent 30% du chiffre d’affaires des opérateurs. Ce qui va représenter un manque à gagner énorme pour l’Etat ». Elle nous rappelle que la même société a eu entre 2015 et 2018 un litige avec l’opérateur historique qui est Comores Télécom et est partie avec une ardoise de plusieurs millions de nos francs.

 

A.O Yazid

 


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