Le secrétaire général du syndicat des agents de Comores Telecom jette l’éponge au beau milieu d’un combat acharné entre sa société et son concurrent Telco SA. Il laisse un testament à son successeur qui sera désigné le 16 août prochain.
Moustoifa Said Hassani abandonne la partie. Il confie à La Gazette des Comores qu’il ne se sent « pas capable » de poursuivre la lutte, « tant le chemin est parsemé d’embuches ». Avant de quitter officiellement le belvédère du syndicat de Comores Telecom, il montre son inquiétude sur le dossier Telma et l’interconnexion. Lequel dossier il l’a répété à tout bout de champs qu’il est vicié et mal géré.
« Nous avons cru que l’alternance que nous avons connue, apportera des fruits à Comores Telecom parce qu’ils (les dirigeants actuels, Ndlr) ont reconnu que les procédures ont été bâclées. Malheureusement, ça n’est pas le cas. Nous constatons que c’est le relais qui rassure. Les choses suivent tranquillement leur cours », s’inquiète Moustoifa.
Pour ce futur ex-secrétaire général du syndicat, l’interconnexion exigée par le chef de l’Etat à travers l’Anrtic, et qui doit être effective au plus tard le lundi 31 juillet prochain, viendra sceller le sort de Comores Telecom. « Si cette interconnexion défavorable à Comores Telecom s’effectue, au bout de six mois Comores Telecom sera étranglé. Et là, on se dirige vers une privatisation car l’opérateur historique sera obligé d’ouvrir son capital pour survivre. Et là, ce sont les emplois qui sont menacés car qui dit privatisation dit licenciement », prévient-il, avant de déduire que « personne ne viendra prendre la société avec 2 200 agents ».
Notre interlocuteur nous fait part de son incompréhension sur le passage de Xavier Niel à Moroni. Selon lui, les autorités font peu de cas des agents de Comores Telecom qui ne seraient au courant de rien. « Les agents de Comores Telecom ne sont pas avertis ». Il poursuivra que la privatisation « ce n’est pas le pays qui va en tirer profit. Le cas de Moroni Terminal doit nous servir de cas d’école. Non, il ne faut pas brader la seule société d’Etat encore en bonne santé », avertit celui qui trouve que « les efforts du directeur général actuel de Comores Telecom, qui a engagé des tas de reformes en revoyant l’organigramme, diminuant les dépenses », ne seront que vains au regard des menaces qui pèsent sur la société.
« Je quitte mes fonctions. Que mon successeur sache qu’il y a beaucoup de défis qui l’attendent. Je me retire car je me sens incapable de continuer », conclut-il, non sans amertume.
Toufé Maecha
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