La Gazette

des Comores

Commémoration religieuse pour l'ancien raïs Mohamed Taki : Une Fondation Mohamed Taki voit le jour

Commémoration religieuse pour l'ancien raïs Mohamed Taki : Une Fondation Mohamed Taki voit le jour © : HZK-LGDC

Vingt-six ans après le décès de Mohamed Taki Abdoulkarim, ancien président comorien, une fondation portant son nom voit le jour pour honorer son héritage. La création de cette fondation a été annoncée lors d’une cérémonie de commémoration organisée à M'béni, sa ville natale, en hommage à sa contribution au pays. Sous la présidence d’Ounais Saïd Hamidou, la fondation vise à transmettre aux générations futures les valeurs et les enseignements de cet homme d'État.


La commémoration, initialement prévue le 6 novembre, date de son décès en 1998, a finalement eu lieu le samedi 9 novembre en présence des trois enfants de Mohamed Taki. Le Cadi Fundi Ismaël, figure notable de M'béni, a exprimé sa gratitude envers les participants tout en partageant des souvenirs de Taki. Il a notamment souligné son érudition et sa capacité à anticiper les crises politiques. Évoquant la période où Taki s’était éloigné de son allié Ahmed Abdallah, Fundi Ismaël a rappelé que Taki avait choisi l’exil en France, refusant de critiquer publiquement Ahmed Abdallah, malgré les tensions politiques. « Ce qu’il redoutait est finalement arrivé, Ahmed Abdallah a été assassiné par des mercenaires sous la conduite de Bob Denard », a-t-il relaté.

Le Mufti des Comores, Fundi Aboubacar, ami proche de Taki, a salué son intelligence et sa vision. Il a rappelé que Taki avait été l’un des premiers à identifier le potentiel pétrolier des Comores et à envisager des partenariats avec des pays comme l’Arabie saoudite pour son exploitation. Parmi les témoignages marquants, Abdillah Mbaé, beau-frère de l’ancien président, a relaté des anecdotes sur son enfance exceptionnelle. « Dès l’école coranique, Taki maîtrisait non seulement le Coran mais aussi des ouvrages de jurisprudence de l’école chaféite », a-t-il déclaré.

Tous s’accordent à dire que Mohamed Taki mérite une reconnaissance nationale et même mondiale. « Nous avons décidé de créer, dès cette année, une fondation qui portera son nom », annonce le comité. Ce projet sera présidé par Ounais Saïd Hamidou, directeur général des statistiques, assisté de deux vice-présidents, dont l’un réside en France et l’autre aux Comores. Un journaliste de l’ORTC en fera également partie. Son objectif principal sera de préserver et valoriser l’héritage de ce leader visionnaire.

Ibnou M. Abdou

 


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