La Gazette

des Comores

Commémoration: Il y a trois ans, disparaissait Abdou Bakar Boina

Commémoration: Il y a trois ans, disparaissait Abdou Bakar Boina © : HZK-LGDC

Le 14 mars 2018 disparaissait, à l’âge de 81 ans, le leader charismatique du Mouvement de Libération Nationale des Comores (Molinaco). Homme humble et modeste, Abdou Bakari Boina est l’un des dignes fils et filles de ce pays engagés très tôt dans le combat pour l’indépendance des Comores. Abdou Bakari Boina tout comme ses Komredi (« camarades » en Swahili) a œuvré pour l’accession des Comores à la souveraineté internationale et sa reconnaissance, par les Nations-Unies, comme un pays indépendant et une nation à part entière.


Initié par le MOLINACO, le combat indépendantiste connaîtra son paroxysme au début des années 70 avec l’avènement du Parti Socialiste des Comores (PASOCO), qui a servi aussi de catalyseur à la revendication indépendantiste à travers son mot d’ordre Mkolo nalawe (« Dehors le colon »). Le mouvement anticolonialiste a ainsi gagné en quelques années les rangs des partis au pouvoir dont l’Union pour la Démocratie des Comores (UDC ou « parti vert »), sous l’autonomie interne, mais aussi son opposition dont le Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès des Comores (RDPC ou « parti blanc »). Il culminera le dimanche 6 juillet 1975, qui marque la naissance de l’État comorien.

 

En tant que dirigeant de premier plan, il a côtoyé régulièrement les principaux dirigeants des partis et mouvements de libération d’Afrique. Il s’était lié d’amitié avec des chefs charismatiques dont Agostino Neto d’Angola, Chissano du Mozambique, Amilcar Cabral de Guinée Bissau, Alfred Nzo d’Afrique du Sud, France Albert René des Seychelles.

 

L’homme ne symbolise pas seulement la lutte pour l’indépendance, acquise en 1975, son combat était aussi contre la pauvreté, l’obscurantisme et certaines coutumes dont le grand mariage et ses excès qu’il considérait inégalitaire et source d’exagération tant financière que comportementale.

 

Autre grief qu’il portait à la société comorienne, c’est le manque d’affirmation de son identité africaine. Abdou Bakari Boina a toujours estimé que les Comoriens devraient cesser de s’auto-flageller et chercher plutôt à concilier la diversité de leurs origines autant arabes que bantoues pour en faire une richesse et un levier pour son développement. Il a toujours plaidé le rapprochement avec les pays voisins immédiats comme le Mozambique, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Kenya, et mieux tirer profit de leurs expériences dans le développement national.

 

Certes, les Comores ont fini par adhérer à la SADC et au COMESA, mais le pays ne bénéficie pas encore des leviers importants que constituent ces organisations pour tirer son économie vers les sommets de la croissance. Abdou Bakari Boina estimait que le pays n’a pas su se hisser au niveau que l’on espérait, mais que rien n’était perdu car avec une jeunesse et une diaspora entreprenant associé à une volonté politique forte de développer le pays, il est toujours possible d’amorcer un décollage économique et social à l’instar de ses voisins du sud ouest de l’Océan Indien.

 

La nation comorienne se doit de rendre  un hommage à tous ces hommes et ces femmes, héros de l’indépendance ayant eu à consacrer toute leur vie au combat pour la dignité du pays.

 

Mmagaza

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.