106 ans depuis la signature de l’armistice en 1918. À la résidence France de Voidjou, le diplomate français Sylvain Riquier et le chargé de la défense Youssoufa Mohamed Ali ont rendu un vibrant hommage à l’endroit des soldats morts pour la France. Cet évènement était l’occasion pour les deux pays de souligner les sacrifices partagés des deux nations, marquant leur volonté commune de poursuivre le chemin de la paix et de la coopération.
Comme dans plusieurs pays, la France célèbre la fin de la première guerre mondiale 1914-1918. Aux Comores, une cérémonie solennelle a été organisée à la résidence France de Voidjou. Dans son allocution, l’Ambassadeur de France Sylvain Riquier a rappelé l’importance de la date du 11 novembre, marquant la fin d’un conflit dévastateur. Ce jour nous impose « le devoir de gratitude, lucidité et d’espérance ». Il a également cité les mots du général de Castelnau pour souligner l’ampleur des souffrances vécues par les soldats sur le front, ceux qui « marchaient à demi-mort de fatigue, trempés jusqu’aux os, transis de froid… le crépitement des mitrailleuses et le mugissement des obus. Combattre le jour, combattre la nuit, veiller toujours, mourir obscurément dans le sillon d’un labour » .
L’Ambassadeur a tenu à rendre un hommage particulier aux tirailleurs comoriens, ces soldats oubliés de l’histoire qui se sont battus aux côtés des Français. « Près de 1 300 soldats comoriens ont pris part à ce conflit, dont 129 ont été reconnus morts pour la France », a-t-il rappelé, évoquant leur courage dans les batailles les plus emblématiques de la guerre, comme celle de Verdun. Il a également mentionné le rôle du prince Saïd Houssein, figure historique comorienne, soulignant que l’engagement de ces hommes constitue une source de fierté et de respect pour les deux pays.
De son coté, le directeur de Cabinet du Président comorien, chargé de la défense, a souligné l’attachement de son pays aux valeurs de paix et de liberté, affirmant que la solidarité entre les Comores et la France se manifeste de manière exemplaire dans la coopération militaire. « Depuis des décennies, nos deux nations construisent ensemble une amitié et un partenariat stratégique qui servent les intérêts de paix et de stabilité », a-t-il souligné. En ce jour de mémoire, il a également exprimé le souhait de voir le différend sur l’île comorienne de Mayotte se résoudre par un dialogue inclusif, assurant que les deux nations pourront trouver ensemble « une solution juste, pour bâtir une unité nationale fondée sur la fraternité ». Par ces mots, il a invité les autorités à poursuivre le dialogue pour une résolution durable de cette question.
Pour l’Ambassadeur de France, cette cérémonie n’était pas seulement un hommage au passé, mais aussi un appel aux nouvelles générations à ne pas oublier les leçons de l’histoire. Il a salué le travail des enseignants et des élèves comoriens dans la transmission de la mémoire : « Ce passage de flambeau aux nouvelles générations encore plus d’un siècle après ces évènements est l’espoir d’une paix durable ».
Et pour marquer l’évènement, l’ancien combattant Ousseine Attoumani a été décoré pour son devoir citoyen. A sa sortie de la cérémonie, il se dit fier d’avoir reçu cette distinction.
Ali Mohamed Nasra
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