Hier, hier 16 mars, a été commémoré le 51ème anniversaire de la disparition du premier président du conseil de gouvernement des Comores, Said Mohamed Cheikh. La grande majorité de nos concitoyens ne l’ont pas connu. Ils le connaissent seulement au travers de ses allocutions radiophoniques, qui décrivent leur façon d’agir face aux aléas de la vie. Des mots qui sonnent vrais quand on observe les comportements des habitants des îles de la lune.
Il est né le 7 avril 1904 à Mitsamiouli. Il a fait ses études primaires à l’école officielle de cette ville et ses études secondaires à l’École Régionale de Mutsamudu avant de poursuivre ses études supérieures à l’école de médecine d’Antananarivo à Madagascar, études qu’il termine en 1928.
Ce fut donc le premier médecin comorien. Son premier poste fut Foumboni à la Grande Comore en tant que médecin avant d’être affecté à Fomboni Mohéli. Il a été rappelé sous le drapeau comme médecin militaire à Majunga (Madagascar, de 1936 à 1944).
Saïd Mohamed Cheikh a joué un rôle déterminant dans la résolution de la crise d’avril 1940 dans les plantations coloniales de Nyumakele (Anjouan). L’issue pacifique de cette crise l’a propulsé au premier rang de la scène politique. Il abandonne complètement la médecine en 1945 et se lance dans la politique en devenant député au sein de l'Assemblée Nationale française de 1945 à 1961.
Il s'inscrit dans le groupe socialiste de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance. Il est le chef du parti vert face au parti blanc du prince Said Ibrahim. Il œuvre pour détacher administrativement les Comores de Madagascar ce qu'il obtient en 1946.
Il a réussi à faire abroger la loi d’annexion de l’archipel des Comores comme dépendances en vers Madagascar en 1912. En 1954, il est désigné pour représenter la France et l'Union française à l'Assemblée des Nations unies.
En 1961, il est élu premier président du Conseil de gouvernement par la Chambre des députés des Comores. Il demeure à ce poste jusqu'à son décès le 16 mars 1970.
Le 29 octobre 1961, à la tribune de l’Assemblée Nationale Française, alors qu’il était député des Comores, il a déclaré qu’«Un peuple qui ne mange pas à sa faim, qui n’a pas un travail régulier, qui ne sent pas qu’on s’intéresse à sa santé, à son instruction, à son avenir, est toujours prêt à mettre en doute le pouvoir politique qui le dirige ».
Dans ce même discours, il avait dit que : «ils (les problèmes économiques) conditionnent tout le progrès social possible, et en même temps la stabilité politique elle-même ». Avec la situation économique et sociale présente un peu partout dans le monde, ces paroles apparaissent comme une évidence.
Pour certains, c’était un aristocrate qui ne faisait qu’à sa tête et pour beaucoup d’autres il était un pédagogue méconnu et un visionnaire. En effet, il était un visionnaire du temps des colonies car il avait la carrure et l’esprit nationaliste qui aurait pu éviter au pays de s’embarquer dans les mésaventures qu’il a connues. Sa disparition avait laissé au pays, un goût d’inachevé.
Mmagaza
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