Le conseil municipal de Moroni est appelé à siéger ce jeudi 14 avril. Le doute persiste quant à la tenue de cette session, vu les nombreuses péripéties soulevées dans cette démarche.
Dans une note référencée 22/001/CCM du 9 avril, les 39 conseillers municipaux signataires de la motion de déchéance demandent la convocation d'une session extraordinaire. Dans cette missive, les signataires reprochent à l'exécutif le « non respect de la loi relative à la décentralisation notamment en son article 9. Autre point de grief soulevé par les conseillers, il y'a aussi le « non respect de l'indissociabilité du droit des habitants à être informés des affaires de la commune et à être consultés sur les décisions qui les concernent dans la libre administration de la commune ».
La démarche a provoqué une levée de bouclier de certains signataires qui jugent infondée la convocation de la session extraordinaire. Certains y voient une brèche pour attaquer la démarche dans la mesure où certains signataires du document se trouvent être aussi membres de l'exécutif de la Mairie. Une façon de dire que l'on ne peut être acteur et juge de son propre procès. En effet, dans la liste des signataires on trouve le nom de l'un des adjoints au Maire en l'occurrence le 2e adjoint Jean Mone Ahmed. Un connaisseur des rouages parle d'un vice de forme et de s’interroger de l’authentification des signatures.
« En pareil cas et dans une affaire aussi sérieuse que la révocation d'un exécutif et de surcroît celui de la grande commune du pays, il fallait au préalable authentifier les signatures pour être sûr qu'il n'y a pas eu falsification car dans ce cas c'est tout le processus qui tombe à l'eau ». Et de continuer : « S'il s'avère que le processus de collecte des signatures est entaché d'une quelconque irrégularité, ce n’est pas tout simplement la démarche qui sera biaisé mais, c'est une occasion pour les adversaires de la motion d'attaquer devant les tribunaux les auteurs pour faux et usage de faux ».
Des inquiétudes qui ne semblent pas être partagés par les tenants de la motion. Légalistes jusqu'au bout, ils citent l'article 198.6 du code électoral pour justifier le bien fondé de leur requête. « Une majorité des deux tiers du conseil communal peut révoquer le mandat du maire et ses adjoints, soit à titre individuel soit dans leur ensemble », disent-ils. Se tiendra où se tiendra pas, telle est la question. C'est là aussi où nous en sommes, suspendus à la réflexion Hitchcockienne.
AS Badraoui
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC