L'édile de la capitale se trouve-t-il sur un siège éjectable ? C'est du moins ce qui ressort d'un projet de motion de déchéance à son encontre et si l'on en croit des élus du même bord politique que le Maire auraient signé pour la convocation d'une session extraordinaire.
Sur une radio de la place, un conseiller de la ville de Moroni explique tel un prof en cours magistral la pertinence et la légalité d'une telle démarche. La "motion de déchéance est prévue par la loi sur la décentralisation d'avril 2011" dit-il. L'élu de la capitale fait référence sûrement à l'article 11.8 de la loi n°011-005/AU qui dispose ainsi : « Les sessions extraordinaires des conseils peuvent être convoquées à la demande motivée d'au moins la moitié des membres du conseil communal ». Sur les 52 membres composant le conseil de la capitale, 39 auraient déjà donné leur signature par rapport à ce projet de motion de déchéance.
Les frondeurs motivent leur requête par « une mauvaise gestion caractérisée ». Ils accusent le bureau de la mairie d'engager des dépenses sans aviser au préalable le conseil communal. Ces prises d'initiatives jugées intempestives, ne plaisent guère à certains conseillers qui ont engagé ce nouveau bras de fer dans la plus grande commune du pays. Une motion qui coïncide visiblement avec le retour au pays de l'ancien ministre de l'intérieur Mohamed Daoud leader du parti Orange disposant d’une courte majorité au conseil municipal. Est-ce un signe de la relance des batailles politiques entre les tenants du pouvoir et un parti Orange qui ne cache pas ses ambitions de vouloir faire de l'ombre au chef de l'État et à son parti lors des prochaines échéances de 2024. Est-ce dans l'intérêt du parti Orange que de défendre un Maire qui n'hésitait pas à affirmer il y'a pas si longtemps qu'il était plus Azaliste que du parti Orange.
Connaissant la finesse politique de Mohamed Daoud, c'est un risque qu'il calculera à 2 fois avant de s'engager. Toujours est-il que des élus de l'actuelle majorité auraient donné leur aval pour engager cette motion de déchéance. Prévue ce mercredi, la motion a été reportée sine die à la semaine prochaine à une date qui reste à définir. Ce ralliement dénote-t-il une consigne donnée en haut lieu pour se débarrasser d'un allié gênant ou est-ce le signe de la fin d'un épilogue commencée au lendemain des élections communales de mars 2020. En tout cas, ceux qui sont à l'origine de cette motion n'y vont pas par le dos de la cuillère. « Nous sommes unis pour abattre cet arbre de mensonges. Toutefois, nous souhaitons une plus large cohésion pour la recomposition d'une nouvelle équipe au sein de la commune », a confié le conseiller de la capitale.
AS Badraoui
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