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Commune de Moroni: Un nouveau Maire et des questions en suspens

Commune de Moroni: Un nouveau Maire et des questions en suspens © : HZK-LGDC

Après la démission de Hassani Mohamed Halidi en tant que maire de la capitale après moult péripéties, ce samedi 04 juin était organisée une élection pour lui trouver un remplaçant. Et c'est l'ancien député de Moroni Nord Abdoulfatah Said qui a été choisi pour être le premier magistrat de la capitale.


« Le Roi est mort, vive le Roi ». Dans l'Europe médiévale, le peuple avait coutume de scander ces mots pour montrer à la fois la douleur de perdre un monarque mais, aussi la joie de voir le couronnement d'un autre qui va assurer la continuité de la monarchie tout en ouvrant une nouvelle période pleine d'incertitude. Cet adage est en évidence loin du cas de la commune de Moroni, mais il démontre le caractère téméraire du pouvoir, qui du jour au lendemain on peut passer de l'omnipotence à l'impuissance. Comparaison n'étant pas raison, nous n'irons pas plus loin dans l'analyse au risque de se perdre en conjecture.


La chape de plomb qui planait sur la capitale depuis plus de deux mois semble s'éclipser, du moins pour un moment. Depuis l'arrêté 22-004/MIIDATI du 10 février 2022 portant confirmations et nominations des chefs de quartiers de la ville de Moroni, le torchon n'a cessé de brûler entre l'ancien bureau de la mairie et le ministère de tutelle. Le point de non retour de ce conflit à été certainement la motion de révocation instruite par une partie des conseillers communaux le 14 avril dernier. Une démarche contestée par l'équipe en place (arrêté 022-05), mais approuvée par le ministère de l'intérieur qui avait signifié par l'arrêté 22-013/MIIATI/CAB le caractère transitoire du bureau communal et avait sommé le maire de quitter ses fonctions avant la date du 20 mai 2022. Le point d'orgue de cette saga moronienne est donc l'élection de ce samedi 4 juin.


Sur les 53 votants, chefs de quartiers et conseillers élus confondus, en plus de la démission de Mze Soule Elbak, seul un  conseiller était absent. Sur les 51 inscrits, Abdoulfatah Said a  obtenu 31 voix soit 62% contre 19 voix à Abdallah Mohamed Soifeine. A l'issue de cette élection supervisée par la CENI et en présence du préfet du centre, Abdoulfatah Said est donc désigné nouvel édile de la capitale. Dès son élection, il a été félicité par le maire sortant qui a salué « l'alternance démocratique essentielle à la stabilité de la capitale ». De son côté, le nouveau maire a tenu un discours rassembleur. « Levons nous avec détermination et unité, retroussons nos manches pour faire de Moroni une belle ville et ordonner. Une ville où il fait bon vivre », lance-t-il. Cet enthousiasme ne l'a pas empêché de mesurer la charge qu'on vient de lui confier. « C'est une lourde tâche que vous m'avez confiée et je n'épargnerai aucun effort pour être digne de votre confiance », conclut le nouveau maire.

 

Pour diriger la capitale, le nouveau maire sera accompagné par Mhoussini Bakari 1er adjoint, d'Abdullah Saad ancien directeur de l'ORTC (2ème adjoint), enfin de Samra Bacar Kassim, une revenante car déjà adjointe au temps de feu de Layith Ben Ali. Une note positive est ressortie à l'issue de cette élection tenue sans heurts. Pas de  triomphalisme pour les victorieux, une volonté peut être pour eux d'apaiser les tensions de ces derniers jours. Jusqu'à quand durera cette lune de miel, le plus longtemps possible on l'espère. Mais à tout moment, les indomptables démons de la politique Moronienne peuvent se réveiller.

 

AS Badraoui

 

 


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