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Commune de Moroni: Moroni Nord, des revendications de large autonomie

Commune de Moroni:  Moroni Nord, des revendications de large autonomie © : HZK-LGDC

Cela fait plus de dix ans que l'idée fait son bonhomme de chemin, une cellule de réflexion du nord de la capitale semble déterminée à faire bouger les lignes sur la gestion de la capitale. Pour eux, cela passe par une large autonomie administrative.


C'est dans cette optique qu'une réunion informelle s'est tenue au ministère de l'intérieur entre cette cellule de réflexion et le ministre. La discussion a porté sur le devenir de la capitale plus particulièrement le nord qui trouve qu'il est de plus en plus isolé dans la gestion de la capitale malgré l'avènement (depuis 2015) des communes. Au cours de la discussion, la cellule aurait demandé au ministre « la possibilité pour le Nord de la capitale de pouvoir disposer de sa propre commune » selon un participant de la réunion. L'argument principal des tenants d'une large autonomie se résume à l'article 8 de la loi 11-006/AU portant organisation territoriale de l'Union des Comores qui stipule que « Deux ans après la mise en place effective des communes sur l'ensemble du territoire national et sous la responsabilité de chaque gouverneur concerné, les conseils communaux sont appelés à délibérer sur l'opportunité ou non de modifier le regroupement de village, ville et / ou en commune tel que prévu aux articles précédents ».

 

Pour eux, la ville est devenue plus grande mais les pouvoirs communaux restent concentrés au centre de ce qu'on appelle le Moroni historique. Des nouveaux quartiers ont vu le jour et les populations qui vivent dans ces endroits ne se sentent pas du tout représentées par les autorités communales. « Ils font tout (développement local) sans aucune assistance de la Mairie n'en parlons plus des entités traditionnelles où ils sont totalement exclus pour diverses raisons ».
Vidée de sa surface substance, la notion de ville pour ces nouveaux arrivants n’est rien d'autre qu'un slogan mais, chacun se sent plus de son quartier que de citoyen appartenant à une communauté avec un destin commun en l'occurrence celle de Moroni.


Très attentif à l'argumentaire de ses visiteurs et sans nier la réalité des faits exposés, le ministre a avancé un argument de poids  évoqué dans la constitution, celui du statut de la capitale. Le ministre se réfère à l'article 10 de la constitution. « Moroni est la capitale de l'Union des Comores ; une loi détermine son statut », lance Fakriddine Mahamoud, le ministre de l’intérieur. En effet depuis plus de dix ans, un texte portant statut particulier de la ville de Moroni se trouve dans les classeurs du ministère, aucun ministre jusqu'à présent n'a pu mener à bout ce projet malgré 4 ministres de l'intérieur venant de Moroni. Avec parfois des enjeux qui dépassent le seul cadre Moronien, le projet est sans cesse remis aux calendes grecques.


Un participant de cette réunion nous a confié que le ministre leur a permis de se battre pour que le projet soit inscrit à l'ordre du jour de la session parlementaire du mois d'avril 2023.
Avant de parler d'autonomie qui passe par plusieurs formes (Mairies annexes ou d'arrondissements), le ministre aurait exhorté à ses hôtes de réfléchir comment nourrir le texte afin qu'il puisse présenter un projet de loi qui sera équilibré sans parti pris. « Je suis au service de tous les comoriens pas seulement de la capitale, c'est pourquoi je dois veiller à ce que personne ne soit lésé dans cette histoire », avance-t-il. A part, les problèmes propres à la capitale, cette dernière est confrontée à des problèmes de délimitation avec la plupart des ses voisins. Sur ce point, le ministre s'est voulu pédagogue. « La question est certes une question de loi, mais dans ce cas d'espèce c'est le consensus qu'il faut privilégier pour éviter de créer des précédents fâcheux », plaide-t-il auprès de ses invités. Un argument qui n’est pas fortuit de la part du ministre. En effet, dans le projet du statut particulier de la capitale, il y'a le concept du "Grand Moroni" qui irait de l'extrême sud de la région d'Itsandra jusqu'à Mitsoudje, une façon intelligente de mettre fin aux querelles intestines des limites entre villes et villages.


AS Badraoui

 


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