Face aux multiples violations des droits de l’Homme observées ces dernières années, la commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (CNDHL) s’est fendue d’une déclaration dans laquelle elle ménage la chèvre et le chou, pour ne pas dire le bourreau et la victime.
« Sans queue ni tête », « elle n’aurait pas dû », « qu’est-ce qu’on doit retenir ? », « quand on confond complaisance et indépendance »... La fameuse déclaration de la commission des droits de l’homme a défrayé la chronique sur la toile. Les internautes ne cachent pas leur déception face à la réaction de cette structure censée « assurer la promotion et la protection des droits et des libertés (…) en vue d’instaurer une culture de droits de l’homme dans le pays ». Des missions, soulignons-le, qui sont rappelées dès le premier paragraphe du document en date du 4 décembre.
La CNDHL qui assure se préoccuper de la situation qui prévaut dans le pays dit constater en cette « fin d’année » une multiplication d’« actes de nature à mettre à mal la paix, la sécurité, les droits et les libertés des citoyens ». Si en l’état le constat livré n’est pas faux, il manque en revanche un regard rétroactif car en effet ces « actes » là ne datent pas d’aujourd’hui. Pour une toute première réaction publique depuis sa mise en place en février dernier, la CNDHL devait prendre en compte les cabales ourdis par les pouvoirs publics essentiellement pendant les périodes électorales et postélectorales. C’est en tout cas ce qu’estime une partie de ceux qui ont lu ladite déclaration.
Des visites inopinées auraient été menées par la Commission dans les maisons d’arrêts où croupissent politiques, journaliste, et citoyens lambda sans aucune forme de procès et pour des motifs pour le moins fallacieux. N’étant pas sans savoir l’arrestation samedi 30 novembre du reporter Oubedillah Mchangama qui couvrait une manifestation pacifique de femmes, lesquelles, soit dit en passant, ont été également arrêtées, la Commission « souhaite » que les droits soient respectés et notamment le droit à se réunir, à manifester pacifiquement et le respect strict du délai de garde à vue. La CNDH souligne également le « devoir de demande d’autorisation de manifester ». Un des points qui soulèvent une vive controverse dans l’opinion, notamment le collectif Ufahari Wa Komori qui a sauté sur l’occasion, la signataire qui n’est autre que la patronne de la boite.
« À part la langue de bois juste propre à nous montrer qu'elle a été à l'école, la présidente de la CNDHL (Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés) Sittou Raghadat Mohamed a-t-elle du concret à nous dire ? Doit-on l’informer, de nouveau, que la liberté de manifester est régie par la constitution et que les lois n'exigent pas d'autorisation pour manifester ? Que c'est son métier, au cas où elle ne l'avait pas compris, de s'assurer que les citoyens puissent en jouir. Or, depuis avril 2019 les demandes de manifestations sont systématiquement rejetées. Quelles sont donc les actions entamées pour que les citoyens puissent se rassembler ? », devait réagir ce collectif composé de femmes militantes basées en France.
« Et d'ailleurs où était-elle lorsque l’expert de l’ONU sur la torture Nils MELZER, chargé de présenter un rapport au conseil des droits de l'homme, a été empêché de mener à bien son enquête sur les sévices et détention illégales ? Aussi, maintenant qu'elle a constaté les délais de garde à vue illégale, quelles vont être les actions pour y remédier ? Il ne suffit pas de mettre le mot "indépendante" dans un texte pour l'être, merci de cette confirmation. », concluent-elles.
TM
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