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des Comores

Commerce intérieur : La nouvelle loi fait grincer des dents

Commerce intérieur :  La nouvelle loi fait grincer des dents © : HZK-LGDC

Promulguée le 27 juillet après son vote le 15 juin à l'Assemblée, la nouvelle loi sur le commerce intérieur réserve épiceries, salons de coiffure et vente ambulante aux seuls Comoriens d'origine. Présentée comme une protection de l'emploi local, elle crée l'angoisse sur les marchés de Moroni.


Jusqu'au 21 juillet, une carte de commerçant et une patente suffisaient. Comorien de naissance, naturalisé ou étranger en règle, chacun pouvait tenir échoppe. Dans un archipel où l'informel fait vivre environ six ménages sur dix et où le chômage des jeunes dépasse 40% à Ngazidja, le petit commerce est une soupape sociale et un premier emploi. Portée par le ministère de l'Économie pour moderniser le secteur et l'aligner sur l'Acte uniforme de l'OHADA, la loi tranche : le petit commerce est désormais réservé aux seuls Comoriens d'origine. Sont ainsi visés le commerce de proximité, l'épicerie de quartier, la coiffure et l'esthétique, la couture, la vente ambulante et le transport à la brouette. Fermeture administrative et amendes sont prévues. Une décision qui intervient alors que le panier explose avec la vie chère.

 

À Volo-Volo, la mesure fait l'effet d'un couperet. Aucun décret d'application, aucune liste de pièces n'a encore été publiée nous apprend on, mais les contrôles municipaux sont annoncés pour septembre. « On nous explique que c'est pour les Comoriens, mais nous avons la nationalité Comorienne », lâche un vendeur tenant une épicerie-mercerie. C'est le cas d'Aina, 34 ans, originaire de Majunga. Arrivée en 2014, mariée à un Comorien d'Itsandra, mère de deux enfants nés à El-Maarouf, naturalisée en 2021, elle tient un étal de bijoux et de robes d'enfant créations faites main à Chindo cha mboini. « J'ai ma carte d'identité comorienne, je paie ma patente. On m'a dit que naturalisée, ce n'est pas d'origine. Donc je n'ai plus le droit de nourrir ma famille », confie-t-elle. Elle nous explique que son mari pêcheur craint la fermeture de son commerce. Lors de notre enquête au marché, notre décompte établit à 5 le nombre de femmes interrogées et concernées par cette même situation.

 

Le gouvernement défend une mesure de souveraineté économique pour formaliser le secteur et réduire le chômage. La société civile, elle, dénonce une loi discriminatoire, inapplicable et contraire à la tradition d'hospitalité. Tandis que d’autres accueillent favorablement cette nouvelle loi, qu'ils estiment bénéfique pour les commerçants locaux. Dans tous les cas, cette nouvelle loi fragilise les familles mixtes et risque de faire grimper les prix si des étals ferment. Beaucoup réclament un moratoire et une définition détaillée de « Comorien d'origine », pourtant le terme semble a priori clair. Cela dit, le texte alimente les rumeurs. Certains espèrent qu'un arrêté distinguera enfin entre nationalité et origine, espérant que leur mariage vaille plus que leur lieu de naissance. Un débat qui s’annonce complexe face aux multiples enjeux liés à la mondialisation au phénomène migratoire.  

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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