Face aux difficultés d’insertion professionnelle, l’association « 10.000 Codeurs » mise sur le numérique, la formation et l’entrepreneuriat pour aider les jeunes de Mohéli à passer de l’idée à l’action. Lors d’un forum organisé le 20 août dernier, plusieurs intervenants ont insisté sur l’importance de l’accompagnement, du mentorat et de la mise en réseau pour transformer les compétences en véritables opportunités.
À Mohéli, décrocher un diplôme ne garantit pas toujours l’accès à l’emploi. De nombreux jeunes disposent pourtant de compétences, d’idées et d’ambitions, mais peinent à franchir le cap entre la formation et la vie professionnelle. C’est à cette problématique que l’association « 10.000 Codeurs » entend apporter une réponse à travers le numérique, l’orientation et l’entrepreneuriat. Organisé le 20 août à Mohéli, le forum a réuni différents acteurs autour des enjeux liés à l’emploi, à la formation et à l’avenir professionnel de la jeunesse. La rencontre a bénéficié de l’appui d’Expertise France, à travers le projet Komor Initiative, de l’Alliance française de Fomboni et de l’Hôtel-Auberge Les Abous. Pour Farouk Anouoir, coordinateur d’événements et chargé de soutien au sein de « 10.000 Codeurs », l’objectif ne se limite pas à transmettre des connaissances.
« Notre programme vise à accompagner les jeunes vers une véritable autonomisation professionnelle et économique », explique-t-il. Il s’agit notamment de les aider à identifier leurs compétences, comprendre les opportunités du marché et construire progressivement un projet professionnel ou entrepreneurial réaliste. La démarche repose sur plusieurs leviers : découverte des métiers du numérique, acquisition de compétences, orientation professionnelle, préparation à la recherche d’emploi, création d’activités, mais aussi mentorat et réseautage. Le choix du numérique répond également aux mutations du marché du travail. « Le numérique ne concerne pas uniquement les métiers de la programmation. Il touche désormais l’éducation, la santé, l’agriculture, le commerce, la communication ou encore les services », souligne Farouk. À Mohéli, ces compétences peuvent aussi ouvrir des perspectives de travail à distance avec des clients situés en dehors de l’île.
Pour l’association, les jeunes ne doivent pas seulement être consommateurs de technologies, mais également devenir créateurs de solutions adaptées aux besoins de leurs communautés. Un constat partagé par M. Daïf Ahmed Ali, participant au forum. « Nous avons les idées, les projets et les ambitions, mais nous ne savons pas comment nous lancer », témoigne-t-il. Il estime que la rencontre lui a permis de mieux comprendre les possibilités offertes par l’entrepreneuriat et encourage les jeunes à rejoindre l’association. Même appel du côté d’Ahamada S'Andhra-A-Menes, coordinatrice de Ngoshawo à Mohéli. Elle invite les jeunes à profiter des formations pour renforcer leurs compétences et élargir leurs perspectives. « Au lieu de croiser les bras, il faut assister aux formations pour acquérir des connaissances et de nouvelles ambitions », affirme-t-elle. Pour « 10.000 Codeurs », le véritable défi commence désormais après le forum. La formation doit déboucher sur un accompagnement durable, capable de renforcer la confiance, de créer des réseaux et de rapprocher les jeunes du marché du travail. À Mohéli, l’ambition affichée est ainsi de construire une passerelle entre compétences, emploi et entrepreneuriat, afin que les idées de la jeunesse ne restent pas au stade de simples projets.
Riwad
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