2000 habitants en 1880, et environ « 70 000 » en 2017, la capitale fédérale de l’Union des Comores ne dispose toujours pas d’un statut particulier. En 2012, un projet de loi a été élaboré à cet effet, et n’a jamais été adopté par le législateur. Clin d’œil sur Moroni, d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Depuis la décision de l’Assemblée Territoriale en 1958 de transférer la capitale de Dzaoudzi à Moroni, la petite ville a pris un tournant décisif. La loi de 1961 a permis à cet effet au président du Conseil de créer des communes. Ainsi fut créée la commune de Moroni. Elle fut dotée d’une autonomie financière et était dirigée par un Administrateur - Maire nommé par le Conseil de Gouvernement pour une durée de 6 ans. Cet administrateur était aidé par un conseil municipal de 20 membres élus.
Selon toujours les informations du ministère de la décentralisation, apposées en guise d’exposé des motifs sur le projet de loi portant statut particulier de Moroni, la commune disposait d’un budget dont les recettes provenaient des patentes et impôts acquittées par les commerçants. Toutefois, en raison du contrôle « excessif » du pouvoir central et de la défection de la plupart des conseillers municipaux ne bénéficiant d’aucune indemnité et ayant peu d’intérêt pour la chose publique, l’expérience communale de la ville de Moroni fut un échec.
La période révolutionnaire d’Ali Soilihi (1975-1978) a initié les « mudrias » pour remplacer les communes considérées comme étant un « héritage colonial » (art.12 loi fondamentale du 23 avril 1977), mais ce fut également un échec. Depuis 1978, la nouvelle constitution du 1er octobre 1978 marque le retour des structures issues de l’administration coloniale et le renforcement de la centralisation administrative à Moroni, malgré le caractère fédéral de la République.
En effet, la Constitution de la République Fédérale Islamique des Comores du 1er octobre 1978 ainsi que les Constitution qui suivirent, proclamèrent la commune comme étant « la collectivité territoriale de base. » Instituée début 2015, la commune de Moroni n’arrive toujours pas à prendre en main le destin de Moroni, pour en faire une capitale digne de ce nom. Les infrastructures de bases ne suivent pas et ne répondent pas aux besoins des habitants de la capitale. Les mesures qui y sont prises par les autorités municipales font, le plus souvent, l’effet d’un pétard mouillé.
Avril 2012, a pris fin les travaux de rédaction d’un projet de loi portant statut particulier de Moroni. Lesquels travaux étaient menés par la mairie de la capitale et le Conseil de l’Ile, entre autres. Que dit ce fameux projet de loi qui n’est toujours pas adopté par le législateur ? Pourrait-elle (la loi, Ndlr) aider la capitale à sortir de l’ornière ? La suite dans nos prochaines éditions.
Toufé Maecha
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