Aux Comores, la liberté de la presse connaît une amélioration sensible selon le dernier classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), jeudi dernier. Le pays a gagné 3 places au niveau mondial, passant de la 75e place en 2025 à la 72e place en 2026.
Le score global s'est amélioré, passant de 59,27 à 60,23. On note une progression dans la quasi-totalité des domaines. Cette progression globale s'appuie sur une dynamique positive dans la quasi-totalité des domaines mesurés par RSF. Ainsi, sur l'indicateur politique, le pays enregistre un gain de trois rangs en passant de la 75e à la 72e place. Le constat est encore plus marqué sur l'indicateur légal, qui enregistre un bond significatif de la 89e à la 81e place. La dimension sociale n'est pas en reste. L'indicateur affiche un gain de dix places, passant de la 89e à la 79e place.
Enfin, c'est sur l'indicateur sécuritaire que l'on observe la plus nette amélioration, le pays remontant de la 94e à la 83e place mondiale. Seul l'indicateur économique affiche un recul préoccupant, chutant de la 67e à la 73e place. Ce déclin met en lumière la précarité des rédactions nationales. Lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse à Moroni dimanche 3 mai dernier, le président du Syndicat national des journalistes comoriens (SNJC), Chamsoudine Saïd Mhadji, a tiré la sonnette d'alarme. Selon lui, ce recul s’explique par l’absence de mise en œuvre concrète des dispositions de la nouvelle loi sur l’information
Bien que le code de l'information prévoie, pour la première fois de l’histoire de la presse nationale, une subvention aux médias privés (article 165), celle-ci n'est toujours pas effective. Le président du SNJC a rappelé que cette aide « n'est pas une aumône, mais un investissement dans la solidité de la démocratie ». Malgré les instructions annoncées par le président Azali Assoumani lors des vœux à la presse en janvier, le déblocage technique des fonds par le ministère de l'Information et le CNPA se fait toujours attendre. Si le SNJC salue les avancées du nouveau code, notamment la protection des sources et la régulation des médias en ligne, le syndicat rappelle que la fiabilité de l'information est indissociable de la santé financière des médias. Chamsoudine Saïd Mhadji a souligné que la profession traverse une période difficile, marquée par des licenciements, des baisses de salaires et une autocensure persistante
Enfin, le syndicat a profité de cette journée pour pointer du doigt une situation critique à Mohéli : Radio Mwali est privée de directeur général et de journalistes en poste depuis plus de cinq ans. Le SNJC appelle annonce un séminaire national pendant l’été pour établir un diagnostic clair et exhorte le gouvernement à concrétiser l'aide de l'État pour éviter que la presse privée comorienne ne succombe à une lutte quotidienne pour sa survie.
TM
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