La Gazette

des Comores

Classement 2021 liberté de la presse : Les Comores reculent de 9 points

Classement 2021 liberté de la presse : Les Comores reculent de 9 points © : HZK-LGDC

De la 56e place en 2020 à la 84e place en 2021, l’Union des Comores continue sa dégringolade en matière de liberté de la presse. Le pays perd 9 points au classement mondial de RSF.


L’édition 2021 du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières vient d’être publiée. Les Comores sont classées à la 84e place sur 180 pays annotés. Si l’année dernière, 2020, le pays avait connu un recul historique de 19 points, passant de la 56e en 2019 pour arriver à la 75e, cette année ce sont 9 points de perdu, creusant davantage le fossé. « Alors que la liberté de la presse est garantie par la Constitution de 2001, révisée en 2018, l’autocensure reste une pratique courante chez les journalistes comoriens, en raison de lourdes peines punissant la diffamation. Les journalistes souffrent principalement d’un manque cruel de ressources et de formation. Intimidations, agressions, arrestations, menaces, censure... », note RSF.

 

« Les tensions politiques qui ont marqué le référendum constitutionnel de 2018 et la réélection du président Azali Assoumani en 2019 se sont accompagnées d'une recrudescence importante et inhabituelle des atteintes à la liberté de la presse, obligeant des journalistes comoriens à sortir du territoire pour leur propre sécurité et des journalistes étrangers à quitter l'archipel après avoir été arrêtés ». Début avril 2019 en effet, le journaliste Toufé Maecha, alors rédacteur en chef du quotidien Masiwa, s’était réfugié à Paris après avoir été arrêté par la gendarmerie le 31 mars.

 

A la même période, Louis Witter et Cyril Castelliti, deux journalistes français couvrant les troubles aux Comores à la suite des élections du 24 mars, ont été eux aussi arrêtés. « En 2020, plusieurs journalistes ont été interpellés et arrêtés de manière arbitraire, poussant le Syndicat national des journalistes aux Comores à dénoncer la systématisation de « la nuit à la brigade », dont les professionnels des médias sont régulièrement victimes », pointe encore RSF, qui a à plusieurs reprises dénoncé les arrestations répétitives de l’animateur principal de Fcbk FM Oubeidillah Mchangama, et Mbae Ali, arretés alors qu’ils se rendaient à une manifestation de l’opposition à Oichili.

 

Dans son rapport, RSF a également rappelé la suspension de la rédactrice en chef ainsi que la directrice de l’information de la télévision nationale, Moinadjoumoi Papa et Binti Mhadjou. Une suspension qui est venue « brouiller l'élan d'ouverture récemment observé », regrette l’organisation. « Les pressions sont parfois très fortes et viennent directement d’en haut », relève RSF qui cite en guise d’exemple l’affaire de la journaliste de La Gazette des Comores Andjouza Abouheir, qui a été menacée de poursuites par le gouvernement après avoir révélé des dysfonctionnements dans la gestion de la première vague de la crise du coronavirus.

 

A.O Yazid

 


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