Moroni, capitale de l'Union des Comores, connaît à l'instar de beaucoup de villes du continent une croissance urbaine effrénée et anarchique. La ville n’a pas de plan d’urbanisation opérationnel et ses habitants excellent dans les constructions inesthétiques sans voierie ni route d’accès. Le tracé du réseau routier urbain qui date des années 70-80 reste le même et toujours étroit et systématiquement engorgé du matin au soir.
Les déchets rivalisent avec les véhicules sur les routes praticables. Les marchands ambulants squattent les trottoirs et tous les petits recoins pouvant servir de parking ou tout simplement de lieu de passage des piétons. S'arrêter seulement à une telle considération serait allé vite en besogne. Dans la région, certains petits Etats aux mêmes dimensions que les Comores ont su se développer dans un cadre plus harmonieux.
Avec une population estimée à plus de soixante-dix mille habitants, la ville comme l'ensemble du pays, ne devraient pas constituer en soi un système ingérable pour peu que les responsables prennent les problèmes à bras le corps. Il y a de cela quelques temps, la ville s'est dotée d'une équipe pour justement s'atteler à ces problèmes. Malheureusement force est de constater qu’aucune mesure n'est venue rappeler aux habitants les activités que ladite équipe est en train de mettre en place dans ce domaine. Si c'est une bonne chose de réfléchir, mais encore faut-il que de temps à autre on mette en place des petites actions de visibilité pour rappeler aux habitants que les choses avancent, même lentement.
Le processus parait infernal : Le parc automobile s'accroît à vive allure - chacun peut le mesurer aux numéros d'immatriculation, le réseau routier ne suit pas. Et avec la canicule actuelle les automobilistes sont dans la morosité. A toute heure et à tout lieu de la ville, le spectacle semble le même à savoir des files interminables de voitures et des automobilistes indisciplinés qui cherchent à tout prix à se frayer un passage en force par son irrespect du code de la route et son sans gêne face à la circulation. Résultat : les bouchons sont de plus en plus fréquents, et durent de plus en plus et cela sans émouvoir ceux qui sont en charge de la circulation et la sécurité des biens et des personnes.
Comment accepter qu'avec tous les gendarmes et tous les militaires que comptent le pays, il ne soit pas possible de détacher et former des forces de l'ordre en nombre suffisant, susceptibles de quadriller Moroni aux heures de pointe, d'être présents sur certains points chauds comme Volo-Volo, le marché du centre ville, le tronçon place de l’indépendance-Badjanani, Gobadju, Mbuweni, la douane, les écoles, etc. ?
Dans certains pays du Tiers Monde comme chez nous, des ronds points bien conçus et des policiers à la baguette jouent un rôle essentiel en attendant le développement qui permettra de les remplacer par des feux de signalisation. En attendant un plan d'ensemble, des projets d'envergure, il est possible, nécessaire et urgent d'améliorer ce qui peut l'être pour soulager la population. Les Plans n’ont jamais manqué mais c’est la volonté de les mettre en œuvre qui est défaillant, jugez-en : Elaboration du Plan Moroni 2000 (1980), Plan de Développement Urbain de Moroni (1997), Plan d’aménagement de Moroni (2018)…
Il serait peut-être temps que ceux qui gouvernent la capitale prennent à bras le corps le problème de la viabilisation des nouveaux quartiers en ouvrant des voies de passage, la construction d’habitations d’une certaine esthétique et respectant les normes sismiques, la régulation de la circulation à l’intérieur de la cité…
Mmagaza
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