Les composantes de la chambre d’agriculture s’en prennent au directeur de cabinet du chef de l’Etat qui, selon eux, a officiellement reconnu Mohamed Soilihi dit Momo comme président alors qu’ « il n’était pas élu ».
Le feuilleton de la chambre d’agriculture prend une autre proportion et continue à agiter les membres de droit. Mardi dernier, ces derniers ont convié la presse pour dénoncer l’ingérence du directeur de cabinet du chef de l’Etat dans ce dossier vieux de 18 mois. C’était également l’occasion pour les conférenciers, lois et arrêtés à l’appui, de rejeter une énième fois la présidence du dénommé Momo.
L’histoire remonte au mois d’avril 2016 quand Momo s’est fait élire « d’une façon pas catholique », juste une semaine avec le deuxième tour du scrutin présidentielle. De là, le bras de fer entre contestataires et fidèles de Momo a continué jusqu’au 31 décembre de la même année où le vice-président en charge de la production, après avoir constaté « des irrégularités », a décidé de mettre fin à la guéguerre en annulant par voie d’arrêté N°016-024/VP-MAPEATH/CAB le vote du président et de son bureau de l’union des chambres d’agriculture, pêche et élevage.
D’aucuns croyaient que la discorde était enterré et qu’on allait se diriger vers une nouvelle organisation électorale crédible. A en croire les conférenciers, le même « scénario » qu’en avril 2016 se reproduira en juillet de cette année. Selon le président du syndicat national des agriculteurs comoriens (Snac), un conseiller du vice-président en charge de la production a convoqué d’autres élections, début juillet dernier. Lesquelles élections, les récalcitrants finiront par boycotter « parce que les procédures n’ont pas été respectées ».
Devant la presse, ils ont parlé de la violation des articles 32, 33, 34, 35, 36, 37, 41 et 42 de la loi N°14-014/AU, relative aux institutions consulaires agricoles, élevage et pêche, adoptée le 10 mai 2014, par l’Assemblée de l’Union des Comores. La surprise, et elle est de taille, c’est quand la semaine dernière, à la télévision nationale, le directeur de cabinet du président de la République aurait reconnu officiellement Mohamed Soilihi alias Momo comme président de la Chambre.
Une autre paire de manches qui risque de s’allonger dans le temps car les anti-Momo ne comptent pas s’y plier, quitte à « verser notre sang pour que les textes soient respectés » selon les termes de Mhoumadi Mmadi, un des conférenciers. Sur le ton de l’ironie, il se serait demandé si le haut responsable qui a reconnu Momo comme président de la Chambre, est vraiment Belou ou son sosie.
Toufé Maecha
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