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Bulletins uniques : Une période probatoire accordée aux établissements

Bulletins uniques :  Une période probatoire accordée aux établissements © : HZK-LGDC

Un mois après le début du deuxième trimestre, les élèves des établissements publics attendent toujours leurs bulletins du premier trimestre. L’adoption du nouveau système numérique « Bulletin Unique », intégré à la plateforme « e-msomo » du ministère de l’Éducation nationale, peine à se concrétiser. Entre formation tardive des enseignants, capacités numériques limitées et manque d’accompagnement, la transition s’avère plus complexe que prévu.


Dans plusieurs collèges et lycées publics, les bulletins ne sont toujours pas disponibles. Les élèves affirment ne pas connaître leurs moyennes. « On essaie de calculer nos moyennes à partir des notes rendues par nos professeurs, mais pour les bulletins, on attend encore », explique un élève de seconde au lycée Said Mohamed Cheikh de Moroni. Les responsables d’établissements évoquent un « retard technique » lié à la transition numérique. « Certains enseignants n’ont pas encore pu saisir toutes les notes », confie un cadre du lycée de Moroni sous anonymat. Pour rappel, Le MEN avait introduit « e-msomo » en début d’année scolaire pour moderniser, harmoniser et sécuriser les données scolaires. Mais selon plusieurs usagers, la mise en œuvre s’est faite sans période d’essai ni accompagnement massif, rendant l’appropriation difficile.

 

Les établissements privés rencontrent également des difficultés. Certains ont choisi de revenir temporairement aux bulletins traditionnels pour éviter de laisser les parents dans l’attente. À Ndzuani, la contestation est plus organisée, un collectif d’écoles privées et de parents d’élèves ont exprimé publiquement leurs oppositions au Bulletin Unique, dénonçant « des difficultés techniques persistantes » et une crainte de « perte d’autonomie administrative ». Face aux critiques, le ministère se veut rassurant. Lors d’un point de presse tenu hier lundi, les responsables ont expliqué avoir traversé « une période de migration de la plateforme vers un autre serveur », entraînant cinq jours d’interruption. Pour compenser, une « période probatoire d’une semaine » a été accordée aux établissements afin de finaliser la saisie des notes du premier trimestre.

 

Selon une autre source au ministère de l’éducation, certains établissements se sont rapidement adaptés : « Le lycée de Foumbouni, le collège rural de Domoni, le collège rural de Mboueni et bien d’autres saisissent déjà leurs notes sans difficulté. » Le ministère affirme que 95 % des établissements du secondaires au niveau national sont désormais enregistrés sur la plateforme. Mais tous ne progressent pas au même rythme. « On nous demande de nous adapter sans nous laisser le temps de nous familiariser avec l’outil. Cela devient une surcharge administrative », déplore un enseignant du Lycée Said Mohamed Cheikh. Pour lui, la saisie numérique s’ajoute à un emploi du temps déjà chargé, sans reconnaissance de l’effort supplémentaire.

 

Face aux retards, certains proposent un retour provisoire aux bulletins ordinaires, le temps que la plateforme soit pleinement maîtrisée. Une solution perçue par certains comme un aveu d’échec, mais qui éviterait de pénaliser les élèves tout en permettant une appropriation progressive du numérique.

 

Aticki Ahmed Ismael

 


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