La Gazette

des Comores

Bouhar, un des leaders historiques du PASOCO s’en est allé

Bouhar, un des leaders historiques du PASOCO s’en est allé © : HZK-LGDC

Dans la nuit du 1er au 2 octobre 2020, un des leaders historiques du Parti Socialiste des Comores (PASOCO), Bouhar Mzé Abdoulwahab Ali Abdallah, a rendu l’âme, à la suite d’une très longue maladie. Bouhar comme le surnomme affectueusement, tous ceux qui l’ont connu, est une figure politique légendaire, un symbole dans la lutte pour l’indépendance des Comores.


Son nom est souvent assimilé à la lutte pour l’indépendance. Militant de première heure du PASOCO, il a sillonné et parcouru l’ensemble des villes et villages de l’archipel dans le but de sensibiliser et de mobiliser la population en faveur de l’indépendance des Comores. Comme le rappelle un jeune de l’époque Kamalidin Ben Ali dans les réseaux sociaux « il était le premier homme politique, que j'ai vu de très près, discourir pendant mon enfance. Lors d'une festivité, il a demandé à parler au public. Il monta à la tribune et prononça un discours enflammé, pour l'émancipation du peuple et la libération nationale. Car, à l'époque le PASOCO, avait du mal à pouvoir faire meeting. Les dirigeants du parti profitaient de toutes les occasions pour s'adresser aux gens ».

 

C’est après la grève des lycéens de 1968 qu’est né le PASOCO. Ce parti et le Mouvement de Libération Nationale des Comores (MOLINACO), sont parmi les premiers partis ayant ouvertement combattu pour l’indépendance des Comores. Bouhar est membre de son noyau dirigeant avec de nombreux jeunes intellectuels fonctionnaires comme Mohamed Ali Mbalia, Bruno Humblot, Abdou Zakaria, Salim Hadji Himidi, Abdoulkadir Hamissi, Mohmaed Fazul, Mme Abida Chabane, Said Ahmed Said Ali dit Charif, Jaffar El-Macelie et Ali Yachourtu Bourhane.

 

Bouhar est connu pour avoir été à la fois un orateur hors pair et un homme d’action. Son engagement pour l’indépendance lui valut d’être plusieurs arrêté et emprisonné par les autorités de l’autonomie interne. Il a été un infatigable et remarquable défenseur des masses populaires comme on disait à l’époque. Après l’indépendance, Bouhar avait consacré une grande partie de sa vie à travailler auprès des paysans. Il était producteur agricole reconnu et avait été même sélectionné pour représenter les Comores à la foire agricole de l’île de la Réunion. C’était sa dernière apparition publique car depuis ce voyage bourbonnais, il est tombé malade et était resté en retrait de la vie publique. Bouhar a été inhumé dans son village natal de Dembeni (Ngazidja). Un hommage funèbre lui a été rendu pour son combat au service du pays. Les témoignages de sympathie dans les réseaux sociaux montrent à l’évidence que son combat n’a pas été vain.

 

On notera que l’année en cours aura été une hécatombe pour de nombreuses figures de l’indépendance des Comores. Elle a vu la disparition coup sur coup de Mouzaoir Abdallah, d’Abdoulmadjid Youssouf, de Salim Hadj Himidi, de Salim Djabir, d’Ibrahime Halidi, d’Abdou Mhoumadi.

 

Il serait peut-être temps que notre pays commence à écrire son histoire officielle et à accorder la place qui revient à ses femmes et ses hommes illustres. Certes la mémoire collective sait qu’il y a eu des personnes qui se sont battues pour l’accession à l’indépendance mais beaucoup de jeunes ne connaissent pas l’histoire de cette lutte. Ce devoir de mémoire est indispensable pour l’éveil et l’engagement véritables des nouvelles générations en faveur du développement du pays.

 

Mmagaza

 


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