L’association Ngo’shawo a dénoncé le laxisme, l’injustice et la multiplication des faits de corruption dans le pays au cours d’une rencontre tenue dimanche à Koimbani Oichili. Ce meeting d’échanges est une première étape d’une vaste campagne de sensibilisation pour la révolution des mentalités, qui porte le nom de « Hashiri ».
Sensibiliser la population sur les conséquences de la corruption et l’importance de lutter contre ce fléau. Tel est le but des tournées d’échanges initiées par Ngo’shawo avec les jeunes des localités de la région de Oichili ayant abouti à un meeting dimanche, à Koimbani. En l’absence de mesures efficaces de lutte contre la corruption, les détournements des biens publics, l’association entend mener des campagnes pour dénoncer le laxisme, l’injustice et la multiplication des faits de corruption dans le pays.
Le président de Ngo’shawo, Abdoulkarim Ahmed, a fait observer que la corruption est partout présente. Dans les administrations, les sociétés publiques, les sociétés privées, la santé, l’éducation (…) dans la vie de chaque jour, la corruption est omniprésente. Et elle entrave le développement économique, le bon fonctionnement de l’Etat et le bien être de la population comorienne.
Le secteur privé n’a pas été épargné. Des entreprises privées qui, selon le président de Ngo’shawo, échappent à l’impôt, qui soudoient les autorités fiscales, qui font tout pour ne pas payer les taxes douanières, ont également été indexées au cours de cette rencontre. « On a tous chacun de nous, une part de responsabilité. Les faits de corruption sont banalisés », a interpellé le président de Ngo’shawo non sans rappeler que « chacun est prêt à tout pour ne pas payer le dédouanement d’un colis ou d’une voiture ».
De nombreux intervenants ont regretté que « des familles » soient bannies de leur village parce qu’un « lanceur d’alerte, honnête » a dénoncé un détournement ou un vol. « Nous encourageons les pilleurs des caisses de l’Etat d’un côté et méprisons ceux qui ne s’enrichissent pas avec l’argent public (…) Aujourd’hui, on se mobilise dans nos villages pour défendre un voleur ou un malfrat. On se mobilise pour demander leur mise en liberté. Nous nous réjouissons et fêtons leur libération », a regretté Abdoulkarim Ahmed pour qui, il ne faut tolérer aucun égarement.
Lors des échanges qui ont eu lieu, l’impunité de la justice et l’absence de sanction administrative ont été cité comme étant à l’origine du développement de la corruption, tout comme l’absence d’éducation civique dans le programme scolaire.
Les lois qui devraient garantir la transparence dans la gestion des finances publiques et combattre la corruption sont bafouées par les autorités successives. Les élus ne veillent pas à les faire respecter. « On octroie des marchés sans appels d’offre, on recrute et suspend les agents sans suivre les voies légales (…) aucune autorité et responsable ne rend compte de sa gestion », a souligné Abdoulkarim Ahmed.
Al-hamdi A. Hamdi
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
© : HZK-LGDC