En gros 780 comoriens sont bloqués depuis le 19 mars dans deux des cinq grandes villes de Madagascar, Antananarivo et Majunga. Pris dans une situation exceptionnelle, ces derniers ne cessent de lancer leur signal de détresse et attendent le secours des autorités comoriennes. Un soutien qui ne vient pas depuis que ces ressortissants demandent leur rapatriement.
Pour les ressortissants comoriens bloqués à Madagascar, le gouvernement comorien a fait preuve de « lâcheté » et « d’irresponsabilité ». Vivant dans le stress, ces comoriens regrettent que les autorités Malagasy ne facilitent pas leur demande d’évacuation. « Le gouvernement a grand intérêt à ce que notre évacuation se réalise dans les brefs délais pour pouvoir accueillir notre premier vol prévu ce 23 juillet. A défaut, il va perdre le peu d’estime qui lui reste vis-à-vis des 780 comoriens bloqués à Madagascar et de leurs familles dont certains parmi eux continuent à croire au projet de l’émergence malgré qu’ils soient livrés à eux-mêmes dans ces circonstances », avance Aliamane Youssouf Mrehouri, membre de la commission chargée du rapatriement des comoriens bloqués à Madagascar. Ce dernier s’est livré dans ce dossier qui semble plus que compliqué car ayant « dépassé », l’ambassadeur. « Après avoir fait de son mieux pendant près d’un mois sans relâche, l’ambassadeur a fini par s’avouer vaincu et a réclamé l’intervention directe de l’Etat comorien par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères ou du Président lui-même pour espérer dénouer la situation », interjette-t-il.
Malgré les promesses de l’Etat de rapatrier les vieux, les mères avec enfants ainsi que des personnes très vulnérables, rien n’a été fait. « Cette annonce n’a jamais eu de suite malgré qu’on nous a pris deux semaines pour se battre de qui est prioritaire par rapport à l’autre sans parler des interventions qui viennent depuis les Comores pour insérer des gens ne répondant à aucun critère mais juste parce qu’ils ont une grosse veste comme dit le comorien. Ces grosses vestes était si énormes qu’elles osaient même imposer des personnes de nationalité malgache au détriment de leurs compatriotes », regrette-t-il.
La commission cherche les voies et moyens de rapatrier leurs concitoyens bloqués sur la Grande Île et affirme que la solution doit être globale. En attendant que l’Etat comorien réagisse, la commission s’organise à payer les coûts de rapatriement par leurs propres moyens. « Nous allons affréter les avions ainsi que les bateaux et payer éventuellement les tests afin de pouvoir rentrer à la maison », raconte notre interlocuteur en précisant qu’ils sont conscients de la difficulté financière des familles. Et d’ajouter que « actuellement tout le monde est d’accord pour l’idée et nous sommes en train de s’organiser pour commencer les vols vers les Comores ce 23 juillet 2020. Nous avons déjà négocié avec Air Madagascar pour l’affrètement des avions et en ce moment nous sommes au nombre de trois vols à raison de près de 18 millions de nos francs par avion », poursuit-il, mais même si l’affrètement des vols et bateaux peut se faire, la commission se demande sur la manière de pouvoir réaliser les tests PCR exigés par le gouvernement comorien au départ de Madagascar.
Sur les 780 personnes, la commission a recensé près de 150 personnes de plus de 60 ans et une cinquantaine de femmes avec enfants. 12 décès ont été enregistrés à ce jour dont en majorité des personnes âgées souffrant de maladies chroniques.
A.O Yazid
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