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Biodiversité aux Comores : Transformer les ambitions en solutions durables

Biodiversité aux Comores :  Transformer les ambitions en solutions durables © : HZK-LGDC

Aux Comores, la nature fait partie du quotidien. Elle nourrit les familles, soutient l’agriculture et la pêche, alimente les activités touristiques et fournit des ressources en eau indispensables à la population. Mais cette richesse naturelle est aussi fragile. Lorsque les sols se dégradent, que les ressources s’épuisent ou que les écosystèmes sont fragilisés, ce sont directement les moyens de subsistance et l’économie du pays qui sont touchés.


Le constat est d’autant plus important que le secteur primaire représentait 36,4% du PIB en 2022. Dans le même temps, la dégradation des sols représenterait une perte économique estimée à 274 millions de dollars par an. C’est face à cette réalité que le pays cherche aujourd’hui à franchir une nouvelle étape : ne plus seulement protéger la biodiversité à travers des projets ponctuels, mais construire des mécanismes capables de financer durablement sa préservation. Le 1er octobre, des représentants du Gouvernement, du secteur privé, de la société civile et des partenaires techniques et financiers se sont réunis à Moroni pour valider l’Analyse des Politiques et des Institutions du financement de la biodiversité. Cette étape, menée dans le cadre de l’initiative BIOFIN avec l’appui du PNUD, permet au pays de mieux comprendre comment la biodiversité est aujourd’hui financée, quelles sont les ressources déjà mobilisées et quelles nouvelles solutions pourraient être développées.

Derrière cette démarche se trouve une idée simple : avant de chercher davantage de financements, il faut d’abord savoir ce qui est déjà dépensé, comment ces ressources sont utilisées et quels sont les besoins qui restent à couvrir. Le processus doit ainsi permettre de répondre progressivement à trois questions : combien les Comores consacrent-elles déjà à la biodiversité ? Quels sont les besoins réels ? Et comment mobiliser durablement les ressources nécessaires pour combler l’écart ? Plusieurs solutions sont déjà envisagées. Elles concernent notamment le Fonds Environnemental des Comores, l’écotourisme, le carbone bleu et les recettes générées par les aires protégées. Ces pistes devront maintenant être approfondies, chiffrées et organisées afin de devenir de véritables mécanismes de financement. Cette nouvelle approche vient compléter les actions déjà menées sur le terrain. À travers le projet RNAP II, le PNUD accompagne notamment la consolidation du réseau national des aires protégées.

Le projet BGI cherche, de son côté, à mieux relier conservation de la biodiversité, participation des communautés et développement local. Avec BIOFIN, une nouvelle question est désormais posée : comment garantir que ces efforts puissent se poursuivre dans la durée ? Les premiers pas vers l’action sont déjà visibles. Un financement de 432 000 dollars a été mobilisé avec l’appui de la France pour accompagner la mise en œuvre de deux solutions de financement de la biodiversité. Pour les Comores, l’enjeu dépasse donc la seule protection de l’environnement. Il s’agit de préserver un capital naturel dont dépendent l’économie, les communautés et les générations futures. L’atelier Biofin de Moroni marque ainsi une étape importante : passer du diagnostic à une organisation plus durable du financement de la biodiversité. La prochaine étape consistera à analyser les dépenses, évaluer les besoins et élaborer un plan national de financement. Avec une ambition claire : faire de la biodiversité non plus une dépense à part, mais un investissement dans l’avenir du pays.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie


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