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des Comores

Biodiversité : 33 solutions de financement identifiées aux Comores

Biodiversité : 33 solutions de financement identifiées aux Comores © : HZK-LGDC

Hier, 1er octobre à Moroni, le Gouvernement, le PNUD, le secteur privé et la société civile ont validé l’Analyse des politiques et des institutions du financement de la biodiversité. Au total, 33 solutions sont sur la table pour contribuer à la protection des écosystèmes terrestres et marins de l’archipel.


L’atelier s’inscrit dans le cadre de l’initiative mondiale BIOFIN  (Initiative pour la finance de la biodiversité), mise en œuvre par le PNUD avec le soutien du Fonds pour l’Environnement Mondial (GEF) et de plusieurs partenaires, notamment la France. Les échanges ont associé étroitement les ministères chargés de l’Environnement, des Finances, de l’Agriculture, de la Pêche et du Tourisme, ainsi que les acteurs de terrain et le PNUD. Investir dans la biodiversité, c’est investir dans notre avenir. Le slogan affiché sur la banderole de l’atelier, « Protéger et financer la biodiversité comorienne : un investissement pour la prospérité durable », résume à lui seul l’esprit de la journée. Aux Comores, la nature n’est pas un secteur parmi d’autres : elle constitue l’un des fondements de l’économie. Le constat a été rappelé d’emblée par le Représentant résident du PNUD, Luca Monge Roffarello. Dans son allocution d’ouverture, il a souligné que le secteur primaire représentait 36,4 % du PIB en 2022. L’agriculture, la pêche, le tourisme, l’économie bleue et les ressources en eau dépendent directement de la santé des écosystèmes.

 

À l’inverse, la dégradation des sols représenterait pour le pays près de 274 millions de dollars de pertes économiques chaque année. « Notre travail n’est pas simplement de financer la biodiversité à côté du développement. Il est de financer le développement en intégrant la biodiversité », a-t-il insisté. Pour lui, la démarche BIOFIN apporte une nouvelle méthode : mieux comprendre ce que le pays dépense déjà, améliorer l’efficacité de ces dépenses, renforcer la cohérence des politiques publiques et mobiliser de nouvelles ressources. Cette approche vient compléter deux autres chantiers majeurs soutenus par le PNUD : le projet RNAP II, pour la consolidation du réseau national des aires protégées, et le projet BGI, qui promeut une approche intégrée entre conservation et moyens de subsistance. Pour passer du diagnostic à l’action, Luca Monge Roffarello a également annoncé une enveloppe de 432 000 dollars, mobilisée grâce à l’appui de la France, pour la mise en œuvre de deux solutions pilotes de financement.

 

Le Secrétaire général du ministère des Finances et du Budget, Dhoihiridine Ahamada Bacar, a pour sa part structuré son intervention autour de quatre axes. Le premier consiste à sécuriser les ressources nationales. Avant de rechercher de nouvelles ressources, il est nécessaire de mieux connaître celles déjà mobilisées et d’améliorer leur prévisibilité ainsi que leur traçabilité. Le deuxième axe vise à compléter cet effort par des ressources extérieures plus diversifiées : fonds climatiques, financements concessionnels, partenariats et instruments innovants tels que le carbone bleu. Le socle doit rester national, tandis que les financements extérieurs doivent jouer un rôle de levier. Le troisième axe consiste à intégrer cette réflexion dans le financement du Plan Comores Émergent. Enfin, le quatrième vise à mieux articuler les différentes solutions en organisant les mécanismes existants au sein d’un même portefeuille cohérent.

 

Le Dr Abdou Katibou, consultant national de ce projet BIOFIN, a ensuite présenté les résultats de l’analyse. Selon lui, 33 solutions ont été proposées pour renforcer la protection et la préservation de l’environnement terrestre et marin des Comores. Un chiffre clé qui illustre l’ampleur des possibilités identifiées. Ces 33 solutions couvrent plusieurs domaines : l’opérationnalisation du Fonds Environnemental des Comores, le développement de l’écotourisme, la valorisation du carbone bleu, les recettes issues des aires marines et terrestres protégées, la fiscalité verte ainsi que les financements climatiques internationaux. Selon le consultant, l’objectif n’est plus seulement d’inventorier les possibilités, mais de hiérarchiser les solutions et de rendre opérationnelles les plus réalistes. L’atelier de ce mercredi n’était donc pas une simple formalité de validation. Il marque une étape vers la construction d’une architecture plus cohérente de financement de la biodiversité. La prochaine étape portera sur l’Analyse des Dépenses pour la Biodiversité, avant l’élaboration du Plan national de financement de la biodiversité.

 

El-Aniou Fatima   

 

 

 

 

 

 


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