La ville d’Ikoni est en colère suite à la mort du jeune Hamada Said, atteint d’une balle, et deux blessés évacués après la tragédie de ce dimanche. Sa colère est "saine, républicaine". Elle a déploré l’usage disproportionné de la force. La ville d’Ikoni demande l’ouverture d’une enquête indépendante, impartiale pour situer le niveau des responsabilités des uns et des autres.
Une conférence de presse a eu lieu ce lundi à Ikoni, suite aux événements dramatiques du 09 décembre dernier, lesquels ont fait un mort, et plusieurs blessés dont deux dans un état grave. Ceci suite à une intervention musclée des forces de l’ordre aux fins de récupérer deux véhicules de marque Range Rover sortis « par la force de la douane comorienne par quelques jeunes de la ville ». Premier à prendre la parole, le notable Abdillah Said, après avoir dressé le portrait d’une ville « qui a tant apporté au pays, parfois en payant le prix fort », a condamné « l’infraction douanière perpétrée par ces jeunes gens » tout en rappelant « qu’ils avaient suivi toutes les procédures requises pour dédouaner les véhicules incriminés ». Abdillah Said a déploré l’intervention des forces de l’ordre de samedi à dimanche, sans avoir au préalable, cherché à engager un dialogue avec les responsables locaux. Ce qui aurait pu éviter l’escalade de cette violence.
Abdillah Said est ensuite revenu sur les circonstances ayant conduit la mort du jeune Hamada Said. « Celui-ci voulait rendre visite à sa mère ce funeste dimanche, ayant entendu des tirs, il s’est placé au niveau d’un rond-point afin de savoir quelle direction emprunter pour les fuir, c’est ainsi qu’il a été fauché par une balle », a-t-il relaté. Il a par ailleurs insisté que s’il est vrai « certains jeunes, s’étant aperçus que les forces de l’ordre s’apprêtaient à récupérer les deux véhicules, ont commencé à faire usage de jets de pierres, ils se trouvaient à 200 mètres des éléments de l’armée », comme pour dire que ces projectiles ne pouvaient pas les atteindre. Selon le conférencier, à le comprendre, en tout cas, il n’y a pas eu de tirs de sommation, « les jeunes se sont rendus compte qu’ils tiraient à balles réelles quand ils ont constaté qu’il y avait des blessés qui gisaient par terre ». Il en a profité pour s’en prendre au communiqué du commandant de la gendarmerie, publié le 09 décembre dans la soirée, lequel était truffé selon lui « de mensonges criants ».
Par la suite, l’urgence dans la ville était d’apaiser les esprits suite à la mort et aux nombreux blessés parmi les civils afin d’éviter des débordements. C’est ainsi que la notabilité et autres cadres de la ville ont réuni la jeunesse pour prôner l’apaisement. En revanche, la localité demande l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale pour situer les responsabilités des uns et des autres. Elle a annoncé le dépôt d’une plainte contre X.
Quant à l’ancien ministre de l’intérieur, Assoumany Aboudou, il a profondément regretté la politique, de deux poids deux mesures qui prévaut dans le pays. Il est revenu, sur ce qui selon lui, a causé l’intrusion à la Douane par les jeunes de sa ville pour y prendre de force les deux Range Rover. « Ce qui a causé cette tragédie est un manque de justice criant, », a –t-il fait savoir d’emblée. Le ton durci par l’émotion, il a indiqué « qu’un magistrat de la place, dans le même cas que les jeunes qui ont commis l’infraction à la douane, muni d’une réquisition, s’est déplacé lui-même, escorté par des gendarmes pour prendre un véhicule ». Il a par la suite établi un parallèle avec les jeunes ikoniens qui ont d’après lui, payé tous les frais inhérents au dédouanement des deux véhicules, ils ont par la suite été munis d’une réquisition pour les enlever mais les autorités douanières leur ont opposé une fin de non recevoir ».
Et Assoumany « de se demander si la localité d’origine du juge qui a récupéré la voiture en violation des règles de droit, a subi elle aussi les assauts furieux des forces de l’ordre et si celles-ci avaient même cherché la voiture en question ». La question était évidemment rhétorique. L’ancien candidat aux présidentielles a par ailleurs longuement insisté sur les faits de violence policière, sur l’usage disproportionné de la force et à la différence entre opération de maintien de l’ordre et rébellion. « Je condamne l’usage d’armes de guerres contre des citoyens, je condamne l’envoi de jeunes inexpérimentés dans ce genre d’opérations », a-t-il martelé. Avant de préciser les violences policières étaient régulières et ne concernaient pas que seule la ville d’Ikoni.
Fsy
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