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des Comores

Baccalauréat 2025 : Un nombre record d’absents à Ngazidja

Baccalauréat 2025 :  Un nombre record d’absents à Ngazidja © : HZK-LGDC

Le chiffre interpelle. 145 candidats inscrits au baccalauréat 2025 ne se sont pas présentés aux épreuves sur l’île de Ngazidja. Un phénomène qui soulève des questions dans un pays où l'examen reste une étape décisive pour des milliers de jeunes.


Les épreuves se sont déroulées du 12 au mardi 15 juillet dans tous les centres de l’île. Selon le président du jury à Ngazidja, Dr Soiffaouiddine Sidi, les absents sont signalés « dans tous les sites ». Plusieurs causes sont avancées : problèmes de santé, départs précipités à l’étranger, mais aussi difficultés d’accès aux cartes d’examen, un document indispensable pour composer. « Certains élèves ne sont tout simplement pas venus. D’autres ont peut-être quitté le pays, obtenant un visa au dernier moment. Nous ne pouvons pas tout vérifier, mais le phénomène est généralisé », confie-t-il. Ces dernières années, de nouvelles dynamiques ont émergé autour du départ à l’étranger. L’ouverture de guichets de visa dans certains pays voisins facilite désormais les démarches pour quitter le pays. En parallèle, de nombreuses familles comoriennes établies en Europe ou au Moyen-Orient sollicitent leurs enfants ou proches à les rejoindre, souvent de manière urgente. Résultat : certains élèves inscrits au baccalauréat choisissent de partir dès qu’une opportunité se présente, parfois même quelques jours avant les épreuves, sans attendre les résultats. Pour ces jeunes, le départ à l’étranger apparaît comme une voie plus rapide et plus concrète que la poursuite d’un cursus local.

Mais un autre facteur revient avec insistance : le blocage dans la délivrance des cartes d’examen. Des enseignants interrogés par La Gazette dénoncent une pratique de plus en plus courante : certains établissements refusent de remettre les cartes aux élèves tant que les frais de scolarité n’ont pas été réglés. « Avant, il y avait un climat de confiance. On donnait la carte, et les parents réglaient après. Mais aujourd’hui, les établissements exigent un paiement complet. Résultat : des élèves n’ont pas pu se présenter au bac », explique un professeur du lycée Saïd Mohamed Cheikh.

Ces blocages touchent d’abord les familles les plus modestes, pour qui chaque fin d’année scolaire devient un casse-tête financier. Une injustice dénoncée aussi par les surveillants de centre. « Il ne faut pas que le bac devienne un privilège réservé à ceux qui peuvent payer à temps », alerte un surveillant du centre de Moroni. « L’administration doit trouver une solution pour que personne ne soit écarté pour des raisons d’argent. » À ce jour, aucune mesure officielle n’a été annoncée pour permettre aux absents de passer l’examen à une date ultérieure. Mais plusieurs voix s’élèvent pour que le ministère de l’Éducation réfléchisse à des dispositifs d’accompagnement, notamment pour les cas motivés par des difficultés administratives ou sociales.

Ce taux élevé d’absents révèle plus qu’un simple chiffre : il met en lumière une fracture sociale et logistique croissante. Il interroge sur l’équité d’un système où certains peuvent partir, d’autres sont bloqués, et où une carte parfois inaccessible peut barrer l’accès à un avenir. À 18 ans, personne ne devrait voir son avenir compromis pour une question de frais ou de formalité.

Mohamed Ali Nasra

 


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