À quelques semaines de la COP17 de la Convention sur la diversité biologique, prévue à Erevan en Arménie, la septième réunion de l'Organe subsidiaire chargé de la mise en œuvre (SBI 7) marque une étape décisive dans l'application du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.
Au fil des négociations, un constat s'impose. En effet, si les ambitions sont largement partagées, leur concrétisation reste freinée par un déficit de financement, des capacités limitées et un accès encore insuffisant aux technologies. Les travaux ont progressivement évolué d'un examen général de l'état d'avancement vers des négociations beaucoup plus techniques portant sur la planification, le suivi, la mobilisation des ressources, les informations de séquences numériques (DSI), le renforcement des capacités, l'intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles et les mécanismes financiers. Dans ces discussions, les Petits États insulaires en développement (PEID) et les pays africains défendent une ligne commune fondée sur le principe des responsabilités communes mais différenciées.
Pour ces pays, l'examen mondial confirme que les objectifs fixés pour 2030 ne pourront être atteints sans un changement profond des moyens de mise en œuvre. Ils insistent sur la nécessité de garantir des financements nouveaux, prévisibles et facilement accessibles, ainsi que sur le transfert effectif des technologies et le renforcement durable des capacités nationales. Les délégations africaines rappellent que la biodiversité constitue un levier essentiel de développement économique, de sécurité alimentaire et de résilience climatique. Elles dénoncent la diminution des financements internationaux, l'alourdissement de la dette et la complexité des mécanismes d'accès aux ressources, qui limitent considérablement les efforts de conservation dans les pays en développement.
Les PEID, particulièrement vulnérables aux effets combinés du changement climatique et de l'érosion de la biodiversité, accordent également une importance majeure aux discussions sur les informations de séquences numériques des ressources génétiques (DSI). Ils soutiennent un Fonds Cali solidement financé, capable d'assurer un partage juste et équitable des bénéfices issus de l'utilisation des ressources génétiques numériques. Pour ces États insulaires, les avantages ne doivent pas se limiter aux ressources financières, mais inclure également la recherche scientifique, le transfert de technologies et la coopération technique. Au cours des derniers jours de négociations, les débats se sont concentrés sur la répartition des responsabilités financières. Pour les pays africains et les PIED, les pays développés doivent honorer leurs engagements en soutenant davantage les pays en développement, tandis que certains partenaires proposent d'élargir la base des contributeurs. Cette divergence demeure l'un des principaux points de négociation avant Erevan.
Au-delà des aspects financiers, les délégations africaines et insulaires plaident pour une gouvernance plus inclusive, associant les femmes, les jeunes, les peuples autochtones, les communautés locales ainsi que les gouvernements infranationaux à la mise en œuvre du Cadre mondial. Pour ces pays, la réussite de la COP17 dépendra moins de nouvelles promesses que de la capacité de la communauté internationale à transformer les engagements politiques en actions concrètes et mesurables. Le SBI 7 apparaît ainsi comme le véritable laboratoire des décisions qui façonneront la gouvernance mondiale de la biodiversité pour les prochaines années.
Mmagaza
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