D’Ivémbeni à la Médina de Moroni, l’association Girls and Tech Comores (GTC) a achevé ce week-end, dimanche 2 août 2026, sa tournée de remise d’attestations aux lauréates du projet de Renforcement de l’autonomisation économique des femmes aux Comores (RAEFC), soutenu par l’Organisation internationale de la Francophonie dans le cadre de l’initiative « La Francophonie avec elles ». Une célébration à la fois locale et symbolique, marquée par l’émotion, la reconnaissance et l’espoir.
Samedi, le village de Ivémbeni a accueilli les membres de Girls and Tech Comores venus honorer Rahamata Ahamada, l’une des cinq lauréates sélectionnées dans le cadre du projet, dont trois à Ndrouani, une à Ivémbeni et une à Moroni. Entourée des siens et des habitants du village, la jeune femme a vu son engagement salué au cours d’une cérémonie empreinte de fierté collective. Prenant la parole, la présidente de GTC, Asmina Saïd Ahmed, a tenu à mettre en lumière « les efforts de la lauréate pour mener à bien son idée de projet axé autour de l’exploitation de la patate douce afin de répondre aux besoins tant de sa communauté que de la population en général ». Un projet ancré dans le terroir, qui valorise les ressources locales tout en ouvrant des perspectives économiques.
Le représentant du village n’a pas caché sa satisfaction face à l’aboutissement de cette initiative. « Vous êtes venus nous voir il y a presque un an pour nous présenter votre projet et aujourd’hui nous en voyons le résultat. Certes, ce n’est que le début, mais permettez-moi, au nom de Ivémbeni et de la famille de Rahamata, de vous remercier. Nous sommes convaincus que vous reviendrez pour nous présenter d’autres projets et les portes vous sont ouvertes. » La cérémonie s’est conclue autour d’une dégustation de produits locaux, notamment à base de patate douce et de manioc, illustrant concrètement le potentiel des initiatives portées. Après une première étape à Ndrouani, la tournée s’est poursuivie dimanche à Moroni, dans le quartier de Djumwa Mdji, au cœur de la Médina. Ici, c’est Faoula Issa qui a été mise à l’honneur pour son projet de valorisation des gâteaux comoriens. La mobilisation des habitants du quartier et des autorités locales a donné à l’événement une dimension particulière.
Visiblement émue, la lauréate a présenté son projet en évoquant son histoire personnelle. « C’est l’héritage de ma mère, qui nous a élevés en préparant des gâteaux comoriens. Je souhaite sauvegarder ce patrimoine qui me semble être en train de disparaître. Il me manquait les moyens pour concrétiser et consolider ce savoir-faire que je pratique déjà. » Un témoignage poignant, accueilli avec une vive émotion dans l’assistance. Le secrétaire général de la mairie de Moroni a salué cette réussite en affirmant que « c’est Moroni qui sort gagnant », tout en assurant le soutien des autorités municipales pour faciliter l’installation de l’activité. Dans le même esprit, Baraka Mmadi Mnamdji, ancienne présidente de l’association du quartier Ngao, a insisté sur « la fierté de voir une enfant du quartier être honorée pour son savoir-faire », appelant les femmes à saisir les opportunités similaires.
Le représentant du quartier, Fundi Aboubacar Mnamdji, a également souligné l’importance du dispositif d’accompagnement mis en place. « Nous espérons que c’est le début d’une belle histoire pour notre ville et notre quartier. Le fait que les fonds soient gérés via un compte supervisé est une garantie qui protège la lauréate », a-t-il déclaré, suscitant quelques sourires dans l’assistance. Au nom de GTC, Anzize Koudra, expert national en communication, a rappelé l’engagement de l’association. « C’est une fierté pour GTC d’avoir accompagné 15 candidates en incubation et d’aboutir aujourd’hui à cinq lauréates. Les autres participantes seront également accompagnées pour mobiliser de nouveaux financements. GTC demeure mobilisée pour l’épanouissement économique des femmes aux Comores. »
La cérémonie s’est clôturée par une dégustation de spécialités préparées par Faoula et les femmes du quartier, du goudougoudou au lihoho, en passant par les samboussa et badjiya. Une manière gourmande d’annoncer une future activité dont l’ouverture est déjà attendue du côté de Djumwa Mdji. De Ivémbeni à Moroni, cette tournée de remise d’attestations aura surtout mis en lumière des parcours de femmes déterminées, soutenues par leurs communautés, et désormais engagées sur la voie de l’autonomisation économique.
Mohamed Ali Nasra
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