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des Comores

Attaque au couteau contre Azali: Le parquet abandonne l’enquête, l’opposition reprend l’affaire

Attaque au couteau contre Azali: Le parquet abandonne l’enquête, l’opposition reprend l’affaire © : HZK-LGDC

Le procureur de la République Mohamed Djounaid abandonne l’enquête sur la mort de l’assaillant d’Azali Assoumani. Sans plus attendre, le leader du parti Orange Mohamed Daoudou va saisir Amnesty International.


A moins de deux semaines, le parquet de la République abandonne l’enquête sur les circonstances du décès du jeune Fanou, l’agresseur d’Azali. « Il n’existe  ni blessure par arme à feu ni par contondante ou tranchante », avance le parquet de Moroni dans un communiqué paru ce mercredi 25 septembre, dans les lignes d’Al-watwan. Cette annonce soulève encore des questions, beaucoup parlent d’une enquête bâclée. Dans un tweet, l’avocat au barreau  de Moroni Me Fahmi Said Ibrahim s’interroge sur ce communiqué. « Le communiqué du procureur à propos de la mort d’Ahmed alias Fanou me trouble. Les blessures physiques ne sont pas les seules causes pouvant entraîner une mort. Mais, in fine, pourquoi avoir ouvert une enquête sur les circonstances du décès si tout était aussi clair dès le début », s’est-il interrogé.

L’ancien ministre de l’intérieur et leader du parti orange Mohamed Daoudou fait savoir que ce communiqué n’apporte pas « d’autres éléments nouveaux ni convaincants que ceux qui ont été dits ». « Nous allons donc saisir Amnesty International pour une enquête internationale indépendante afin que la lumière soit faite sur les circonstances du décès de Fanou, quelques heures après son arrestation par la garde présidentielle », déclare celui qui appelle tous les partis politiques et les organisations de la société civile, pour l'organisation de grands rassemblements dans nos villes et villages pour une prière à l’endroit du défunt.

 Si le leader du parti orange compte saisir Amnesty international, le gouvernement se réserve de tout commentaire sur ce sujet et « prend acte des conclusions du parquet ». La porte-parole du gouvernement Fatima Ahamada fait savoir que « le principe de la séparation des pouvoirs signifie que le gouvernement n'a aucun pouvoir, ni direct ni indirect, sur le parquet qui représente le judiciaire. Ses décisions sont indépendantes et le gouvernement ne peut que s'y plier ». Et de poursuivre : « Nous ne pouvons pas commenter des décisions judiciaires car n'ayant pas le même niveau d'information que le parquet. Nous ne pouvons donc pas dire que la décision du parquet est sortie trop tôt ou tard ».

Elle revient à la charge : « Il est étonnant qu'un pseudo-politique et un pseudo-avocat qui n'a plus le droit d'exercer nulle part puisse faire de telles affirmations de manière aussi désinvolte. Peut-être que le parquet devrait l'inviter à aller faire ses déclarations devant la cour de justice s'il détient des informations sur ce cas. Le gouvernement serait évidemment intéressé de comprendre les tenants et aboutissants de la tentative d'assassinat du Président Azali. Mais évidemment, tout le monde sait qu'il s'agit juste d'une tentative d'exister. Les Comoriens ne sont pas dupes »,  devait-elle répondre à certains opposants, notamment Me Larifou.

Rappelons que c’était le vendredi 13 septembre que le président de la République est agressé à l’arme blanche alors qu’il assiste aux obsèques d’un proche. L’assaillant, très vite maitrisé par les forces de l’ordre, décèdera le lendemain, seul, dans sa cellule et sera inhumé le soir même. Des évènements qui ont soulevé des questions, notamment sur les conditions de détention et les causes du décès de Fanou, l’agresseur, dont on apprendra plus tard qu’il était militaire et âgé de seulement 24 ans.

Nassuf Ben Amad

                                    

 


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