Vendredi, l'équipe de l'Assurance maladie généralisée (AMG), représentée par sa coordinatrice, Thouraya Saïd Abdou, et Idjabou Bacar un responsable, a présenté à la presse le bilan de la phase pilote du programme. L'objectif était de faire le point sur les résultats obtenus sur le terrain et de sensibiliser davantage la population à l'importance de l'adhésion.
À ce jour, l'AMG compte 1 441 ménages affiliés et à jour de leurs cotisations. Un chiffre qui représente des foyers et non des individus. Contrairement aux assurances classiques, l'AMG couvre l'ensemble des personnes vivant sous le même toit. La phase pilote est actuellement déployée dans plusieurs localités : Mitsamiouli, Hamahamet, Mboigoma et Ntsaoueni à Ngazidja, Mremani et Domoni à Ndzouani, ainsi que sur l'ensemble de l'île de Mwali. Pour les responsables du programme, l'objectif est de mettre fin à la discrimination fondée sur les moyens financiers dans l'accès aux soins. « Une personne qui tombe d'un cocotier pourra se rendre à l'hôpital avec sa carte AMG et se faire soigner sans avoir besoin d'apporter des billets de banque. Dans notre pays, toute personne qui se présente à l'hôpital sans argent risque de ne pas être soignée. Cette mauvaise habitude doit prendre fin. C'est le but de l'AMG : garantir un accès équitable aux soins pour tous », a déclaré Idjabou Bacar. Le dispositif repose sur une classification sociale de la population en trois catégories : les démunis, les vulnérables et les solvables. « Il y a trois catégories : les démunis, les vulnérables et les solvables », a expliqué Idjabou Bacar.
Les personnes démunies bénéficient d'une prise en charge intégrale financée par l'État avec l'appui de l'Agence française de développement (AFD). Selon les responsables du programme, 2 065 personnes démuniessont déjà couvertes.Les ménages vulnérables cotisent entre 1 500 et 5 000 francs comoriens, tandis que les ménages solvables versent entre 5 000 et 15 000 francs. Le montant de la cotisation varie selon les revenus déclarés et les conditions de logement. L'une des particularités de l'AMG est son fonctionnement par ménage plutôt que par famille nucléaire.« Aux Comores, il est fréquent de vivre avec la mère de son épouse, des neveux, des nièces, des grands-parents ou d'autres proches. L'AMG tient compte de cette réalité sociale en couvrant toutes les personnes vivant sous le même toit », a expliqué Idjabou Bacar.Il a précisé que « la cotisation de chaque ménage dépend de ses revenus et de ses conditions de logement ».
Pour chaque membre supplémentaire du ménage qui n'est pas un enfant biologique, une cotisation additionnelle est prévue : 1 000 francs pour un garçonet 500 francs pour une fille. Selon Saïd Ali, responsable de la revalorisation des acquis au PAAMG, cette différence s'explique par une fréquentation plus importante des structures de santé par les femmes. L'AMG prend notamment en charge les consultations prénatales et réduit considérablement les dépenses de santé. À titre d'exemple, Idjabou Bacar a évoqué le cas d'une mère de Mbeni dont deux enfants avaient été hospitalisés simultanément, l'un pour des brûlures et l'autre pour une maladie. La facture hospitalière s'élevait à 150 000 francs comoriens. Grâce à sa carte AMG, elle n'a finalement payé que 25 000 francs. Malgré ces avantages, le nombre d'adhésions reste inférieur aux attentes. À la fin du mois de juin, seuls 1 441 ménages étaient affiliés et à jour de leurs cotisations.
« L'État attend 5 000 ménages affiliés et à jour d'ici le mois de décembre. Sans atteindre cet objectif, l'AMG risque de prendre fin », a averti Idjabou Bacar. Selon lui, une partie importante des financements mobilisés par l'État demeure inutilisée faute d'un nombre suffisant d'adhérents. « La moitié des financements prévus par l'État n'est pas encore utilisée faute d'adhésion. Nous avons jusqu'en décembre pour atteindre cet objectif. Si nous n'y parvenons pas, comment l'État pourra-t-il continuer à financer un projet qui ne rencontre pas le succès attendu ? », s'est-il interrogé. Les responsables du programme appellent ainsi la population à adhérer massivement afin de bénéficier d'une couverture sanitaire plus équitable et de permettre l'extension de l'AMG à l'ensemble de l'archipel.
El-Aniou Fatima
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