Sept mois après le lancement de sa phase opérationnelle, l’Assurance maladie généralisée (AMG) cherche à renforcer son ancrage auprès de la population. Ce lundi 24 août à Moroni, les responsables du dispositif, les représentants du ministère de la Santé, les partenaires techniques et les membres de la diaspora ont échangé sur les premiers pas de la réforme et sur le rôle que la diaspora pourrait jouer dans son déploiement et sa pérennisation.
La rencontre visait à mieux faire connaître le fonctionnement de l’AMG et à solliciter l’accompagnement de la diaspora comorienne. Autour du secrétaire général du ministère de la Santé, de représentants de l’Agence française de développement (AFD), de la coordinatrice du projet et de l’équipe du Projet d’appui à l’assurance maladie généralisée (PAAMG), les discussions ont porté sur l’adhésion des ménages, la prise en charge des soins et les perspectives de financement. « L’AMG s’inscrit dans une réforme engagée depuis plusieurs années », rappelle la coordinatrice du projet, Thouraya Saïd Abdou. Son cadre juridique repose notamment sur la loi n°17-012 relative à la Couverture sanitaire universelle, adoptée en 2017. La phase opérationnelle a débuté en décembre 2025 dans sept districts pilotes dont Mitsamiouli - Mboudé et Hamahamet - Mbwanku à Ngazidja, Domoni et Mremani à Ndzouani, ainsi que les trois districts de Mwali.
Le dispositif repose sur une affiliation organisée autour des ménages. Les équipes recensent les familles, les sensibilisent, procèdent à leur pré-affiliation puis les catégorisent avant le versement des cotisations. Les ménages les plus démunis bénéficient d’une prise en charge de leur cotisation par l’État, tandis que les ménages vulnérables bénéficient d’un soutien partiel. Pour les bénéficiaires, cette couverture commence déjà à changer le rapport aux soins. « Je ne galère plus quand je veux emmener mes enfants à l’hôpital », témoigne l’une d’elles. Un médecin présent lors de la rencontre rappelle que le panier de soins est le même pour les assurés. Les enfants de moins de cinq ans bénéficient également d’une prise en charge spécifique en cas d’hospitalisation. Interrogée par nos soins, Moinour Ahmed Saïd Hassan, responsable des opérations du PAAMG, affirme que la mobilisation de la diaspora répond à une réalité. « Tout le monde sait qu’à 80%, c’est la diaspora qui soutient les soins des familles ici aux Comores. » Ses membres pourraient ainsi devenir des relais pour sensibiliser leurs proches et favoriser leur adhésion.
Le projet envisage notamment des démarches collectives, permettant à plusieurs familles ou villages de s’organiser pour adhérer et cotiser ensemble. Une mission de sensibilisation auprès de la diaspora en France est également envisagée, notamment dans les villes où la communauté comorienne est fortement implantée. « Si la diaspora nous aide, nous pourrons viabiliser l’AMG », estime la responsable. Les échanges ont également porté sur la recherche de mécanismes de financement innovants pour garantir la continuité du système. Présent à la rencontre, O. Moussa, membre de la diaspora originaire du district de Mboudé, s’est dit intéressé par la réforme et a proposé de mettre son expertise à contribution.
Le PAAMG bénéficie notamment de l’appui financier de l’AFD et de l’État comorien. À terme, le modèle doit également reposer sur les cotisations des ménages. L’ambition de l’AMG est de réduire la barrière financière qui prive encore certaines familles de l’accès aux soins. Sa réussite dépendra désormais de l’adhésion des ménages, mais aussi de la capacité à mobiliser une solidarité durable entre l’État, les citoyens et la diaspora.
Mohamed Ali Nasra
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