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Assurance inclusive : Un levier pour renforcer la résilience des Comores

Assurance inclusive :  Un levier pour renforcer la résilience des Comores © : HZK-LGDC

Face à la multiplication des risques climatiques et aux vulnérabilités économiques qui affectent les populations, le développement de mécanismes de protection financière adaptés devient une priorité. C’est dans cette perspective que le PNUD, à travers son initiative Insurance and Risk Finance Facility (IRFF), a organisé une formation stratégique sur l’assurance inclusive à Mitsamihouli. Cette activité a réuni des représentants du secteur public, des compagnies d’assurance, des institutions de microfinance, des banques et des partenaires techniques afin de renforcer les capacités nationales dans ce domaine.


L’objectif était de promouvoir une meilleure compréhension des mécanismes de l’assurance inclusive et de leur rôle dans le renforcement de la résilience des ménages, des entreprises et des institutions face aux chocs économiques et climatiques. Alors que les Comores demeurent particulièrement exposées aux catastrophes naturelles, aux sécheresses, aux inondations et aux perturbations économiques, l’assurance constitue un outil de plus en plus important pour protéger les moyens de subsistance et soutenir le développement durable. La formation s’est déroulée en deux phases complémentaires. La première, a été consacrée à la formation de formateurs. Des experts nationaux ont été renforcés sur les aspects techniques et pédagogiques de l’assurance inclusive afin qu’ils puissent à leur tour transmettre les connaissances acquises et contribuer au développement d’une expertise locale durable. Les participants ont approfondi plusieurs thématiques clés, notamment l’approche centrée sur le client, la gestion du changement et les principes de l’assurance responsable. Cette démarche vise à réduire la dépendance du pays à l’expertise internationale tout en favorisant l’émergence d’un réseau national de spécialistes capables d’accompagner les réformes du secteur.

Pour Dini Mmadi, responsable conformité à la Meck Moroni et l’un des formateurs, l’un des principaux enseignements de cette session réside dans la notion de « centricité client ». Selon lui, les produits et services financiers doivent être conçus à partir des besoins réels des populations, en tenant compte de leur situation économique et de leurs capacités financières. Cette approche permet de développer des solutions plus adaptées et plus accessibles aux personnes qui restent encore largement exclues des mécanismes traditionnels de protection financière. La seconde phase, a rassemblé un large éventail d’acteurs du secteur financier et institutionnel. Les participants ont travaillé sur des aspects pratiques liés au développement de produits inclusifs, à la gestion des polices et des sinistres, ainsi qu’à l’intégration de services à valeur ajoutée destinés à mieux répondre aux besoins des populations vulnérables. Les échanges ont également permis d’explorer les opportunités offertes par les solutions innovantes de financement et de gestion des risques, notamment les assurances indicielles et paramétriques.

Miranda Leduc, cheffe du service Santé à AFG Assurance, estime que cette expérience lui a permis de mieux comprendre l’importance de l’écoute des clients et de l’identification de leurs besoins réels. Selon elle, cette approche constitue une condition essentielle pour développer des produits capables d’atteindre les populations les plus vulnérables. De son côté, Abdou Ben Mouslim, gestionnaire de sinistres et conseiller technique à Amana Assurance, considère que les compétences acquises permettront aux compagnies d’assurance de toucher un public plus large et de renforcer la confiance entre assureurs et assurés grâce à une meilleure sensibilisation et une communication plus efficace.

La formation a également mis en évidence le potentiel des mécanismes innovants de financement des risques dans la gestion des catastrophes. Pour Wahidat Said Mouigni, agente à la Direction Générale de la Sécurité Civile (DGSC) chargée des questions de genre et d’inclusion, la découverte des mécanismes d’assurance paramétrique a permis d’adopter une nouvelle vision de la gestion des crises, davantage axée sur l’anticipation et la préparation. Ces instruments permettent de mobiliser rapidement des ressources financières lorsque certains seuils de risque sont atteints, renforçant ainsi la capacité des institutions à intervenir efficacement en cas de catastrophe.

Au-delà du renforcement des compétences individuelles, cette initiative a favorisé un dialogue entre les différentes parties prenantes du secteur. Les participants ont souligné la nécessité de poursuivre les efforts visant à développer des produits adaptés au contexte comorien, à intégrer l’assurance inclusive dans les politiques publiques de résilience et à renforcer la sensibilisation des populations aux mécanismes de protection financière.

 Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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