Alors que la capitale fait déjà face à une pénurie de gasoil, les boulangeries sont depuis quelques jours touchées par un manque de farine. Certaines sont à l'arrêt. Le bateau ravitailleur serait attendu pour le 20 juillet, sauf imprévu.
Les pénuries s'enchaînent en cette période estivale. En pleine saison des grands mariages, la farine est devenue introuvable dans la capitale. Il faut parfois faire la queue et se battre pour obtenir quelques baguettes dans certaines boulangeries, tandis que d'autres ont tout simplement cessé leurs activités faute de farine. Les Comoriens devront encore patienter plusieurs jours avant l'arrivée du bateau. D'après un armateur, celui-ci est attendu ce lundi 20 juillet, si tout se déroule comme prévu. « Le bateau était récemment au port, mais il n'a pas pu décharger les conteneurs en raison d'une panne de grue. Il est donc reparti avec la farine à bord. Son retour est prévu le 20 juillet, si tout va bien. À partir de là, je pense qu'il n'y aura plus de problème de farine », a confié un armateur. La pénurie dure déjà depuis plusieurs semaines et touche de nombreuses boulangeries.
« Depuis quelques semaines, le manque de farine se fait fortement ressentir. Ce produit de première nécessité est introuvable sur le marché. Cela fait deux semaines que nous sommes à l'arrêt. Nous n'avions plus qu'une tonne de farine, qui est désormais épuisée. Nous avons été contraints de fermer en attendant l'arrivée du bateau », explique le responsable d'une boulangerie de la capitale. Certaines boulangeries parviennent toutefois à maintenir une activité réduite grâce à leurs réserves. « Nous espérons que le bateau arrivera avant la fin de notre stock. Heureusement, notre patron avait constitué quelques réserves ces derniers mois. C'est ce qui nous permet de continuer à travailler. Nous gérons soigneusement notre stock et avons réduit notre production quotidienne de pain. Nous sommes obligés de fabriquer une plus petite quantité chaque jour afin que la population puisse tout de même trouver quelques baguettes », témoigne un employé de la boulangerie Le Goût du Pain.
Au-delà du manque de pain quotidien, cette pénurie affecte les festivités sociales. Lors des grands mariages, la farine est un produit indispensable, au même titre que le riz. Elle est utilisée pour la préparation des biscuits servis lors des madjlisse et pour le thé servi à la cérémonie nuptiale, lors du “mtriyo mwana dahoni”. Cependant, ces derniers jours, les biscuits industriels ont progressivement remplacé les biscuits artisanaux dans les Madjlisse, faute de farine disponible.
Nassuf Ben Amad
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