La Gazette

des Comores

Anjouan raccorde Dindrihari a son pôle déchet

Anjouan raccorde Dindrihari a son pôle déchet © : HZK-LGDC

L'île d’Anjouan avance dans l'organisation de sa filière déchets. Une desserte goudronnée menant au site de traitement et de valorisation de Dindrihari, dans la zone de Mutsamudu, a été mise en service samedi 24 octobre.


Longtemps isolés par une piste impraticable en saison des pluies, ils peuvent désormais circuler plus facilement. Les cultivateurs acheminent leurs récoltes, les taxis desservent le secteur sans difficulté et les enfants rejoignent les établissements scolaires dans de meilleures conditions. Cette amélioration s'accompagne toutefois d'une nouvelle inquiétude. La population locale fait part d'une hausse de l'insécurité nocturne depuis l'ouverture et demande l'installation de lampadaires solaires. Une requête à laquelle l'exécutif insulaire a répondu en annonçant une prochaine dotation en éclairage et en foyers à faible consommation, sans calendrier précis. L'aménagement, d'une longueur avoisinant un kilomètre, représente un investissement proche de 200 millions de francs comoriens. Il a été confié à la société locale Nk-Ousseini Construction Sarl. Si le planning initial prévoyait une exécution en un semestre, les travaux se sont finalement étalés sur près d'un an. Sur place, le revêtement présente déjà quelques fragilités, avec des lézardes visibles par endroits, parfois reprises de manière sommaire.

 

Au-delà de la chaussée, le chantier s'insère dans une démarche plus large. Il fait partie du programme Islands, soutenu financièrement par le Fonds pour l'environnement mondial, piloté sur le terrain par l'Agence nationale de gestion des déchets et accompagné par le Programme des Nations unies pour le développement. L'objectif est de désenclaver le pôle de traitement afin de rendre la collecte plus régulière et le transport des ordures moins coûteux. La mise en service s'est déroulée directement sur l'ouvrage, en présence d'un public varié : autorités de l'île, membres de l'exécutif national, acteurs associatifs mobilisés pour la salubrité et représentants des partenaires internationaux, dont le responsable du PNUD aux Comores.

 

Dans son intervention, le gouverneur de Ndzouani, Dr Zaidou Youssouf, a présenté la question des ordures comme un enjeu majeur pour l'avenir de l'île, en particulier la prolifération du plastique. Il a appelé à une action conjointe entre la municipalité et le tissu associatif local, notamment l'Afam. Pour lui, les déchets plastiques abandonnés dans l'espace public ne sont pas seulement une nuisance, mais une matière première potentielle. Transformés, ils pourraient servir à fabriquer des pavés, des éléments pour le bâtiment ou des objets usuels, dans une logique d'économie circulaire créatrice d'activités.

 

Le ministre en charge de l'Environnement, Abubakar Ben Mahmoud, a de son côté rappelé le contexte national : la production de déchets domestiques ne cesse de progresser sous l'effet de la démographie et de la dynamique économique. Face à des équipements encore insuffisants et à des liaisons difficiles vers les sites de traitement, la nouvelle voie devient, selon lui, un maillon essentiel pour structurer durablement la chaîne de collecte. Il a replacé cette réalisation dans la feuille de route nationale qui couvre la période 2025-2030 et qui vise à concrétiser les engagements en matière de gestion des déchets par des infrastructures adaptées. Par ailleurs, le représentant du PNUD, Luca Monge Roffarello, a souligné les bénéfices attendus en termes d'hygiène publique et de préservation des milieux. Une meilleure accessibilité doit, à ses yeux, profiter à la fois à l'efficacité du service et à la mobilité des riverains.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 


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