La journaliste d’Alwatwan Faiza Soulé Youssouf vient d’être licenciée par le nouveau patron de ce journal d'Etat. Elle est accusée de « faute lourde, incitation à la rebellion des journalistes et abandon de poste ». Un autre journaliste, Abdallah Mzembaba est lui suspendu de ses fonctions pour faute lourde, manquement à ses obligations de travail et désaccord avec la hiérarchie. Une cascade de limogeages qui intervient dans une période tendue où toute critique à l'endroit du régime passe mal.
Ils voulaient sa tête, ils l’ont eu. La journaliste Faiza Soulé Youssouf, dans le collimateur des autorités depuis un moment, a été licenciée du journal Al-watwan hier jeudi par son directeur de publication, Maoulida Mbae. Les motifs évoqués sont « faute lourde, incitation à la rébellion des journalistes et abandon de poste ». Pour ses collègues, c'est l'incompréhension. Ce n’est pas la première fois que la journaliste est licenciée de sa maison mère. L’on se rappelle de son limogeage à l'époque où Abdou Soimadou était directeur de publication du quotidien. Mais cette fois, l’ancienne rédactrice en chef du journal a été licenciée pour avoir osé résister à la nouvelle ligne éditoriale et aux directives de son chef, fraichement nommé en remplacement d'Ahmed Ali Amir.
La journaliste Faiza en paierait-elle le prix ? Via un post sur Facebook, la journaliste réagira à la manière qu'on lui connaît. Sage, elle dit réitérer son profond amour et son profond dévouement à Al-Watwan. « Un jour prochain, comme ce fut le cas hier, nous nous retrouverons. En mon coeur, jamais la haine n'aura sa place. Ni la rancœur. Je sais que nous nous retrouverons demain avec ceux avec lesquels, nous pouvons être en désaccord aujourd'hui. Toujours au nom de la liberté », écrit-elle. Le même jour, le directeur de publication a décidé aussi de suspendre de ses fonctions, Abdallah Mzembaba, pour faute lourde, manquement à ses obligations de travail et désaccord avec la hiérarchie. Une mise à pied d’un mois avec retenue de salaire sur la même période.
Pour rappel, ce jeune journaliste a passé plus d’un an au poste de secrétaire de rédaction à Al-watwan avant d’être remplacé, dès l’arrivée du nouveau directeur. Une série de mesures qui intervient dans une période tendue où la presse fait face à une pression de plus en plus forte des pouvoirs publics. Ahmed Ali Amir, prédécesseur de Maoulida Mbae, a confié avoir tenté de convaincre son remplaçant de sursoir à sa décision de suspendre Abdallah Mzembaba. En vain. Liyassian Liasse, ancien journaliste à l’ORTC, à l'instar de nombre de journalistes, a confié son désarroi à l'annonce de la nouvelle. « Je sais quelle est la mission assignée par ce gouvernement en te conduisant à ce poste. Mais toi et moi savons très bien qu'aux yeux de notre choix de métier, l'injustice, et l'abus n'ont pas leur place. Je suis scotché de découvrir ta décision de licencier Faïza Soulé Youssouf. Tu vaux mieux que ça », écrira-t-il sur son Facebook. En attendant, le collectif des journalistes réfléchit à la manière d’agir sur cette décision « abusive ».
Mohamed Youssouf
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